‹ Les formes anormales du tétanosChapitre 21 sur 26 · ÉVOLUTION ET PRONOSTIC · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION ET PRONOSTIC

Évolution. —• D’une façon générale ce qui caractérise les tétanos atypiques localisés, les tétanos partiels des membres en particulier, c’est une p.vo1iiti.an-leii tp. ave c tendance à la guérison. Du fait de la longue durée des différentes périodes de l’infection, il peut exister déS' Sêqtiëllés, vérltablès complications qui sont habituellement transitoires. Quelquefois cependant ces séquelles sont permanentes si on n’a pas soin de les prévenir ou de lutter contre elles dès leur apparition.

L’évolution des tétanos localisés est subaiguë ou chronique. Il ne semble pas, en se basant sur les notions pathogéniques précédentes, qu’il puisse exister un tétanos local aigu.

Il est vrai que Vincent et Wilhem ont publié sous le titre de tétanos localisé un cas de tétanos qui est resté limité aux membres inférieurs avec contractures en hyperextension, et la mort est survenue au bout de 24 heures à la suite de phénomènes pulmonaires graves se traduisant par un polypnée intense. Si on analyse cette observation, il apparaît nettement que le patient a présenté les signes d’une infection tétanique qui rentre plutôt dans le cadre des tétanos généralisés suraigus, où la toxine diffuse rapidement dans l’organisme.

Par suite de l’évolution très rapide les signes cliniques n’ont pas le temps de se manifester, la symptomatologie reste donc des plus frustes et donne l’apparence d’être localisée.

En ce qui concerne les formes monoplégiques et paraplégiques précoces ou tardives, nous avons vu que la période d’incubation à une durée assez longue : 20 jours, 15 jours,

3 semaines en général, parfois davantage. Une fois les premiers signes cliniques apparus. la maladie évolue alors entre 2 ou 3 périodes bien caractérisées. La première, que nous avons précédemment décrite en détails, est caractérisée par une contracture permanente d’un membre ou des deux membres

symétriques et par des paroxysmes douloureux affectant la • même topographie. Cette première période dure en moyenne de 10 à 20 jours, quelquefois davantage comme dans notre observation personnelle.

Une deuxième ■période lui fait suite habituellement, c’est une période de rigidité musculaire permanente non douloureuse. La contracture ne s’accompagne plus de paroxysme douloureux et la rigidité permanente immobilise les sujets comme le ferait une monoplégie ou une paraplégie complète avec contracture extrême. C’est une période de longue durée et, si l'on examine par exemple les observations de Demontmerot qui ont trait à la forme paraplégique, on constate que la rigidité s’est prolongée 21 jours dans un cas, 40 jours dans un autre, 49 jours dans un troisième. Demontmerot considérait d’ailleurs cette deuxième période avec son caractère et sa longue durée comme caractéristique de la forme paraplégique. Il n’en est rien d’ailleurs, puisque, dans les formes monoplégiques, on a noté la même persistance de la raideur du membre atteint par l’infec-'^ tion tétanique. Ainsi, pour citer un exemple, Courtellemont, qui a rapporté la première observation du tétanos localisé à un membre, avait déjà^insisté sur ce point et, pour citer un autre exemple, le malade de Pozzi au bout de plus de 40 jours présentait encore cette seconde période de contracture permanente non douloureuse. Plus d’un mois après la cessation de la première période évolutive, Pozzi écrit que son blessé a la jambe gauche fléchie à angle droit sur la cuisse par la forte contracture des muscles ischio-jambiers dont on sent les tendons contractés sous le doigt au niveau du jarret. Il existe aussi un peu de contracture des adducteurs. L’extension de la jambe est par suite absolument impossible, en outre, les muscles gastrocnémiens sont durs et rigides comme une masse ligneuse.

A cette période fait suite souvent une troisième et dernière période pendant laquelle s’installent, évoluent ou se réparent les séquelles des accidents précédents. Il peut s’agir de rétractions musculo-tendineuses surtout fréquentes au niveau des jumeaux et du tendon d’Achille, comme dans notre observation personnelle. Il existait chez notre malade une rétraction très marquée du tendon d’Achille qui empêchait au tétanique convalescent de poser le talon à terre dans la marche.

On peut constater également des troubles trophiques

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