‹ Les formes anormales du tétanosChapitre 8 sur 26 · TÉTANOS CÉPHALIQUE NON-PARALYTIQUE · texte numérisé non relu

TÉTANOS CÉPHALIQUE NON-PARALYTIQUE

Si certains auteurs se sont complus à multiplier à tort, suivant nous, les formes du tétanos localisé à la tête en se basant soit sur la marche de l’affection, soit sur la bénignité ou, au contraire, la gravité de la maladie, soit encore sur le groupe de muscles touchés par la contracture, décrivant ainsi des formes aiguë, chronique, continue, rémittente, pyrétique, apyrétique, analgésique, hyperalgique, oculaire, cervicale, massetérienne, généralisée, localisée, dysphagique, hydrophobique, œsophagienne, etc., il faut reconnaître, en analysant les nombreuses observations de tétanos céphalique, qu’il existe des variétés cliniques bien tranchées non seulement par les signes ohiectifs, mais par la marche et le pronostic. 11 est donc impossible, sans nuire à la clarté, de réunir dans une même description, en se basant sur l’analyse attentive des phénomènes cliniques, le tétanos hydrophohique vrai aux crises effrayantes de dysphagie et de troubles respiratoires provoqués par la seule vue d’un verre d’eau et sans aucun phénomène paralytique, et les variétés avec paralysie faciale ou paralysie des nerfs moteurs de l’œil.

Nous décrirons donc dans ce chapitre des tétanos cephahques non paralytiques, en dehors du tétanos céphalique simple, caractérisé seulement par le trismus et les contractures des muscles de la face et du cou, le tétanos céphalique à forme dysphagique, pouvant aller depuis la simple gene de la déglutition jusqu’à riiydrophobie.

1 » Tétanos céphalique simple.

Dans cette forme rare, l’infection tétanique est limitée à la région céphalique, à la suite le plus souvent d’une blessure de la tête. Elle s’accompagne uniquement de' trismus uni ou bilatéral, de contractures de certains muscles faciaux et même de la région cervicale. Mais, dans cette variété, il ny a jamais m troubles dhphaqiques, ni troubles paralytiques.

LES FORMES ANORltlALES DU TÉTANOS.

•2“ Tétanos céphalique à forme dysphagique.

Si on élimine tout de suite les cas dans lesquels il y a simultanément dysphagie et paralysie faciale, on peut décrire en clinique deux variétés qui arrivent cependant parfois à se confondre, ce' sont :

La forme dysphagique pure;

La forme hydrophobique.

a) Forme dysphagique. — Si cette variété diffère nettement de la forme hydrophobique dans les cas très accentués, il n’en est plus de même dans les cas de généralisation tétanique. ^ Les symptômes respiratoires apparaissent alors et l’hydrophobie devient la seconde étape de l’infection. Insensiblement, le tétanos passe de la variété dysphagique à la variété hydrophobique.

Quoiqu’il en soit, cette forme est caractérisée par un spasme pharyngien qui précède le trismus ou s’y associe. Le trismus au début est unilatéral. Le malade éprouve de la gêne et de la douleur dans un côté de la mâchoire, celui qui correspond à la blessure. Cette gêne se transforme bientôt en une contraction continue, avec redoublements convulsifs. Le trismus reste ainsi \ •unilatéral pendant un temps variable, 4 à 5 jours habituelle- I men.t, mais dans la règle, quand les malades viennent consulter, ! les signes sont devenus menaçants et le trismus s’est complété., J

L’opisthotonos cervical accompagne le trismus d’une façon ■ presque constante. Il présente tous les degrés, depuis la simple raideur du cou jusqu’au renversement de la tête en arrière. Il apparaît peu de temps après le trismus. Les contractures présentent des paroxysmes que peuvent réveiller les plus faibles excitations, comme l’attouchement de la plaie (cas Charvot), mais dont la cause la plus commune est l’écartement volontaire ou spontané dep maxillaires.

Le spasme pharyngien détermine des troubles dysphagiques' plus ou moins accentués et qui atteignent leur maximum d’intensité, comme nous le verrons dans la forme hydrophobique. Les . malades ne peuvent avaler aucun aliment; la moindre absorption de liquide détermine chez eux de douloureux spasmes du pharynx,

tétanos CÉPHALIQUE. ’

En général, cependant, les troubles de la déglutition sont le plus souvent de faible inusité.

L’apyrexie est de règle, au moins au début. La température ne dépasse guère 38”.

Enfin aux symptômes cardinaux, dysphagie et contracture des muscles du cou', s’ajoute parfois une dyspnée intense qui contribue à assombrir le pronostic grave de cette variété de tétanos atypique.

b) Forme hydrophobique. - C’est une variété très rare, excLtionnelle, et Reclus, en étudiant toutes les observations de tétanos céphalique, n’en a pas trouvé 2 où il y ait eu une hydrophobie véritable.

Aux phénomènes de dysphagie et aux contractures s’ajoutent des crises alarmantes provoquées dans la majorité des cas soit U un attouchement pharyngé, soit par un mouvement de déglutîtimTsoit même par la vue seulement de liquide ou la prLonciation devant le malade d’une phrase, d’un mot ayant trait à l’ingestion d’une boisson quelconque.

Ces crises se manifestent par de violents spasmes convulsifs dont le siège initial est souvent la plaie avec irradiations dans les muscles de la face (masséter ou autres), du cou, du pharynx, pour parfois atteindre le diaphragme. 11 se produit alom des contractures des muscles respiratoires avec apnee et phénomènes d’asphyxie.

D’ailleurs la généralisation est fréquente dans cette forme et le pronostic presque toujours fatal. Même eh l’absence de généralisation, les phénomènes asphyxiques et 1 inanition guettent ^ patient et peuvent déterminer l’issue fatale.

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