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émétine et 914 associés, sans opération, sans ponction évacuatrice, ni issue spontanée du pus. »
Le malade dont nous rapportons plus loin l’observation a présenté au complet ce syndrome de lhépatite aiguë abortive ; nous verrons que les symptômes qu'il a présentés sont tout à fait superposables à ceux que Françon avait trouvés chez le malade gouverneur des colonies qui a servi de type à sa description. Mais nous montrerons aussi que le diagnostic entre l’hépatite aiguë et l'hépatite suppurée est plus facile qu’on ne le pense grâce à la radioscopie et aux examens de sang.
Tout d’abord chez notre malade un fait nous a frappé, c'est qu’il ne présentait ni le teint terreux et pâle, ni la température soit subcontinue, soit à oscillations que l’on observe au cours de toutes les suppuralions; de plus l'examen des matières fécales a montré que les amibes étaient en quantité abondante, ainsi que les kystes à quatre noyaux. Nous pouvions donc penser à l'hépatite aiguë. Le foie n’était pas augmenté de volume d’une manière trop accusée, et surtout il n’existait pas ce point douloureux très localisé, ressenti spontanément par les malades ou mis en évidence par la palpation, que l'on trouve au cours des abcès du foie constitués.
Deux autres symptômés existaient chez notre malade :
1° Une réaction pleuro-pulmonaire de la base droite : à la percussion cétte base présentait une submatité très manifeste, à l’auscultation quelques
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râles de congestion pulmonaire, et surtout une diminution de la respiration. L'examen radioscopique est venu montrer que ces réactions de voisinage étaient conditionnées par une lésion anatomique. On a trouvé, en effet, un cul-de-sac pleural obstrué, et une diminution de l’incursion diaphragmatique à la base droite, mais ni dénivellation, ni déformation diaphragmatique, signes de la plus haute importance au cours des abcès ou kystes suppurés.
2° Une névralgie phrénique. — Ce symptôme sur lequel on avait attiré l’attention dans les livres classiques en décrivant la douleur à l’épaule droite, la douleur en bretelle de Fontan, a été individualisé au cours des hépatites chroniques par Paisseau et Hutinel ; nous l'avons retrouvé avec une grande netteté chez notre malade atteint d’hépatite amibienne aiguë. Chez celui-ci en effet par la palpation on trouvait un point xyphoïdien droit, des points para-sternaux et surtout un point sterno-mastoïdien droit. Une pression légère exercée au niveau du cou de ce malade déterminait immédiatement un mouvement de défense très accusé.
Outre les signes généraux, les signes radiologiques et la présence d’amibes dans les selles, ce qui nous permit enfin d'éliminer l'hépatite suppurée c'est l’absence de leucocytose sanguine, l’examen nous ayant donné :
9.000 globules blancs dont »5 o/ode polynucléaires neutrophiles.
Nous pouvons rapprocher de l'observation de
LS
notre malade celle qui a servi de type à la descrip-
tion de Françon :
B..., cinquante-neuf ans, gouverneur des Colonies en retraite. Soudan et Afrique orientale, 1881-1898. Pendant ce long séjour, privations de tout ordre, contracte la dysenterie amibienne etle paludisme (en 1892 bilieuse hématurique avec très fort ictère).
Depuis son retour en France (1898) très fréquentes crises hépatiques cédant en huit-quinze jours à la diète et'aux laxatifs : ces crises sont prises pour des coliques hépatiques.
Depuis 1914, crises ‘de plus en plus fréquentes, de plus en plus douloureuses et rebelles au traitement. A la suite d'une période dysentérique, souffre depuis juillet 1915 d'un point très douloureux dans l’hypochondre droit.
Pas de dysenterie depuis juin 1915.
Entre au Val-de-Grâce le 31 octobre 1915. Etat général, mauvais, facies cachectique, anémié, 38 degrés à 3805 le soir depuis deux ou trois semaines. Pas de troubles intestinaux, ni d'ictère : selles très légèrement décolorées. Foie débordant
en bas de trois travers de doigts, très douloureux au palper.
Aux rayons X, immobilité du diaphragme droit. De ce côté:
il existe une voussure arrondie, douloureuse au palper.
Le 2 novembre, amibes dysentériques dans les selles.
Traitement : 3 à 8 novembre, 8 centigrammes d’émétine par jour. Dès le lendemain la douleur diminue, la fièvre tombe, le malade passe une bonne nuit.
Le 6, la douleur a encore diminué, le foie diminue de volume. Le 8, le foie ne déborde plus en bas, n'est plus que
légèrement sensible. Le 9, pas d’amibes dans les selles.