‹ Les formes cliniques de la phtisie pulmonaireChapitre 16 sur 32 · Empib. — « De la granulie ». Paris, 186.'i, p · texte numérisé non relu

Empib. — « De la granulie ». Paris, 186.'i, p

l'asthénie cardiaque, même avec des épanchcments peu abondants. Parfois la maladie peut sembler rétrograder. L'épanchementpeut même complètement disparaître. Mais il persiste en général, comme dans les pleurésies tuberculeuses, des adhérences pleurales et souvent des lésions pulmonaires étendues.

Formes infectieuses. — Dans d'autres formes de tuberculoses aiguës, les lésions pulmonaires restent en quelque sorte dans l'ombre, obscurcies par l'intensité des accidents généraux. Ceux-ci rappellent tantôt la fièvre typhoïde (granulie proprement dite, typhobacillose de Landouzy), tantôt quelque maladie infectieuse plus bénigne (forme latente de Leudet, forme gastrique de Waller et d'Empis, forme à type de fièvre saisonnière de Mairet, forme d'embarras gastrique ou de fièvre synoque d'Hanot, tuberculose infectieuse à forme atténuée de Grancher et Hutinel, tuberculose miliaire aiguë à forme de pyrexie atténuée de Dreyfus-Brissac et Bruhl). Cette longue synonymie suffit à faire pressentir la diversité des aspects cliniques.

Typhobacillose. — La typhobacillose, à la

période de début, ne diffère de la lièvre typhoïde ordinaire que par une élévation de la température plus irrégulière, moins graduellement progressive, une tendance précoce à l'amaigrissement, souvent une légère dyspnée. A la période d'état, l'adynamie, survenue un peu plus tardivement, reste un peu moins complète que dans la lièvre typhoïde. La céphalée est moins vive, mais il existe souvent une hyperesthésie généralisée ou partielle de la peau, et laphotophobie est en général très marquée. Sauf le cas de complication méningée, les troubles ataxiques, délire violent, carphologie, soubresauts des tendons, sont rares. Du côté du thorax, le symptôme frappant est une accélération des mouvements respiratoires, une dyspnée hors de proportion'avee les signes sthétoscopiques qui se réduisent à quelques sibilances, quelques poussées de râles crépitants fins ou qui même inanquentabsolumenl. Comme symptômes abdominaux, la constipation est plus fréquente que la diarrhée, les vomissements font rarement défaut et sont souvent en ce cas répétés; le niétéorisme est rare, l'hypertrophie de la rate est précoce mais peu accusée, les taches lenticulaires rosées s'observent quelquefois dans la granulie ; les épistaxis, les hémorrhagies intes-

tinales mêmes sont assez fréquentes. L'élément différentiel le plus important est fourni par la courbe thermique. Celle-ci atteint rapidement son maximum ; ce maximum reste moins élevé qu'il ne le serait dans une dothiénentérie avec état général aussi grave. Il ne dépasse guère ■50 degrés. La courbe présente des oscillations capricieuses considérables. L'hyper thermie, bien que peu marquée, offre une résistance spéciale aux agents antipyrétiques, exception faite peutêtre pour l'antipyrine. Le pouls est plus fréquent que dans la fièvre typhoïde; il atteint et dépasse souvent le chiffre de 120 pulsations.

Comme dans toutes les phtisies aiguës, la marche de la maladie, au lieu d'être progressive et continue, offre des rémissions et des poussées. Parfois même on observe une guérison relative etla transformation en forme chronique. Dans un cas même Jaccoud 1 a vu une guérison complète. « Il est certain, écrit Po tain 2 , que des malades ayant un commencement de tuberculose granuleuse peuvent voir leur maladie s'arrêter quelquefois définitivement, d'autres fois pour un temps plus ou moins long ». Malgré ces

1. Jaccoud. — « CurabiliLé de la phtisie pulmonaire », p. 292.

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