I , IO 2,IO
3io
1 i désigne l'aire cardiaque.
P désigne le poids de l'individu.
' A P désigne les aires pulmonaires.
L'examen de ces chiffres nous amène aux conclusions suivantes : tout d'abord un certain nombre de cœurs considérés comme normaux par Grognard nous semblent rentrer dans la catégorie des petits cœurs de tuberculeux. Nous voyons en effet que certains d'entre eux présentent une aire considérablement inférieure à la moyenne générale des cœurs normaux et même à celle des petits cœurs tuberculeux étudiés par Giiniier. Pour confirmer cette manière de voir nous rappelons que M. Destotaécrit que 1 5 pour ioodes hommes examinés par Grognard étaient atteints de tuberculose latente bien que reconnus sains par deux conseils de revision1. D'autre part les tracés de cœurs verticaux figurés dans la thèse de Grognard ressemblent étonnamment à ceux que nous avons obtenus chez des sujets atteints de tuberculose en évolution. (Voir nos observations avec tracé XIII et XIV).
Il y aurait donc lieu de reprendre à nouveau l'étude de l'aire du cœur normal. Nous ne douions pas que les moyennes de Grognard se trouveraient sensiblement relevées le jour où n'entreraient enligne décompte que des tracés de cœurs appartenant à des sujets exempts de toute tuberculose.
Dans ces conditions, il nous semble difficile de discuter sérieusement la valeur des résultats obtenus par Gignier dans la mensuration des gros et des petits cœurs. Les bases d'une appréciation rigoureuse nous manquent. Nous croyons d'autre part qu'il est téméraire de vouloir comparer les résultats de ces deux auteurs.
1 Bulletin médical, i()o3.
Les chiffres de Grognard portent sur un ensemble de 87 sujets alors que ceux de Gignier ne reposent cpie sur l'observation de 2.6 gros cœurs et 14 petits cœurs tuberculeux. Il serait prématuré de vouloir tirer des conclusions générales d'un nombre de faits aussi restreint.
Il nousest cependant permis dédire que nous reconnaissons la justesse des conclusions générales; mais en raison de l'élasticité de leurs limites nous ne voyons pas quel profit la clinique peut en tirer dans un cas particulier. Ainsi dans le tableau représenté ci-dessus nous trouvons que le plus petit cœur tuberculeux a une aire de 72 centimètres carrés, alors que nous trouvons un minimum de 55 centimètres carrés chez des cœurs regardés comme normaux.
De même nous voyons le maximum de l'aire cardiaque chez les tuberculeux atteindre 1 18 centimètres carrés alors que la moyenne normale est de 86 centimètres carrés.
Il serait nécessaire de reprendre l'étude de l'aire cardiaque pour les cœurs normaux, comme pour les cœurs pathologiques et de fixer des limites plus précises pouvant avoir une utilité pratique.
Quoi qu'il en soit du vague de ces résultats numériques, nous restons convaincus que les tracés radioscopiques peuvent donner des résultats très intéressants au point de vue de l'appréciation des dimensions du cœur. Malheureusement les lois du diagnostic d'après l'aire cardiaque sont loin d'être formulées nettement. Elles sont simplement entrevues et je ne doute pas que dans un avenir prochain elles ne se précisent et ne se
définissent d'une façon rigoureuse. Ce qui reste acquis en ce moment c'est que seuls les tracés à Faide de l'orthodiagraphe nous donnent une idée exacte des dimensions du cœur alors que tous les autres procédés cliniques sont incapables de nous fournir quelque certitude à ce sujet.