‹ Les formes élémentaires de la vie religieuseChapitre 155 sur 322 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

6. V. Mathiez, La Thêophilanlhrophie el le culte décadaire, p. 36.

Mais cette première explication est trop générale, puisqu'elle s'applique indifféremment à toute espèce de société et, par suite, de religion. Cherchons donc à préciser quelle forme particulière cette action collective prend dans le clan, et comment elle y suscite la sensation du sacré. Aussi bien n' est-elle nulle part plus facilement observable ni plus apparente dans ses résultats.

Iva vie 'des sociétés australiennes passe alternativement par deux phases différentes1. Tantôt la population est dispersée par petits groupes qui vaquent, indépendamment les uns des autres, à leurs occupations ; chaque famille vit alors de son côté, chassant, péchant, cherchant, en un mot, à se procurer la nourriture indispensable par tous les moyens dont elle dispose. Tantôt, au contraire, la population se concentre et se condense, pour un temps qui varie de plusieurs jours à plusieurs mois, sur des points déterminés. Cette concentration a eu lieu quand un clan ou une portion de tribu2 est convoqué dans ses assises et que, à cette occasion, on célèbre une cérémonie religieuse ou qu'on tient ce qu'on appelle, dans le langage usuel de l'ethnographie, un corrobbori3.

Ces deux phases contrastent l'une avec l'autre de la

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