V. Spencer et Gillen, North. Tr., p
2. Il est même des cérémonies, notamment celles qui ont lieu à propos de l'initiation, où des membres de tribus étrangères sont convoqués. Tout un système de messages et de messagers est organisé en vue de ces convocations sans lesquelles il n'y a pas de grandes solennités (v. Howitt, Notes on Australian Message-Sticks and Messengers, in J.A.L, 1889 ; Nat. Tr., p. 83, 678-691 ; Spencer et Gillen, Nat. Tr.
3. Le corrobbori se distingue de la cérémonie proprement religieuse en ce qu'il est accessible aux femmes et aux non-initiés. Mais, si ces deux sortes de manifestations collectives doivent être distinguées, elles ne laissent pas d'être étroitement parentes. Nous aurons d'ailleurs l'occasion de revenir plus loin sur cette parenté et de l'expliquer.
manière la plus tranchée. Dans la première, l'activité économique est prépondérante, et elle est généralement d'une très médiocre intensité. I^a collecte des graines ou des herbes nécessaires à l'alimentation, la chasse ou la pêche ne sont pas des occupations qui peuvent éveiller de bien vives passions1. I/état de dispersion où se trouve alors la société achève de rendre la vie uniforme, languissante et terne3. Mais qu'un corrobbori ait Heu et tout change. Parce que les facultés émotives et passionnelles du primitif ne sont qu'imparfaitement soumises au contrôle de sa raison et de sa volonté, il perd aisément la maîtrise de soi. Un événement de quelque importance le met tout de suite hors de lui. Reçoit-il une heureuse nouvelle ? Ce sont des transports d'enthousiasme. Dans le cas contraire, on le voit courir ça et là comme un fou, se livrer à toutes sortes de mouvements désordonnés, crier, hurler, ramasser de la poussière, la jeter dans toutes les directions, se mordre, brandir ses armes d'un air furieux, etc.3. Or, le seul fait de l'agglomération agit comme un excitant exceptionnellement puissant. Une fois les individus assemblés il se dégage de leur rapprochement une sorte d'électricité qui les transporte vite à un degré extraordinaire d'exaltation. Chaque sentiment exprimé vient retentir, sans résistance, dans toutes ces consciences largement ouvertes aux impressions extérieures : chacune d'elles fait écho aux autres et réciproquement. I/impulsion initiale va ainsi s'amplifiant à mesure qu'elle se répercute, comme une avalanche grossit à mesure qu'elle avance. Bt comme des passions aussi vives et aussi affranchies de tout contrôle ne peuvent pas ne pas se répandre au dehors, ce ne sont, de