‹ Les formes élémentaires de la vie religieuseChapitre 74 sur 322 · Strehlow, II, p · texte numérisé non relu

Strehlow, II, p

3. Il y en a quelques-uns, mais en petit nombre, qui ne portent aucun dessin apparent (v. Spencer et Gillen, Nat. Tr.t p. 144).

CROYANCES PROPREMENT TOTÉMIQUES 169

Artmta, il en est un si sacré qu'il est interdit de le révéler à un étranger ; on ne le prononce que rarement, à voix basse, dans une sorte de murmure mystérieux. Or, ce nom s'appelle aritna churinga (aritna veut dire nom)1. Plus généralement, le mot de churinga désigne tous les actes rituels ; par exemple, Ma churinga signifie le culte de l'Émou2. Le churinga tout court, employé substantivement, c'est donc la chose qui a pour caractéristique essentielle d'être sacrée. Aussi les profanes, c'est-à-dire les femmes et les jeunes gens non encore initiés à la vie religieuse, ne peuvent-ils toucher ni même voir les churinga ; il leur est seulement permis de les regarder de loin, et encore est-ce dans de rares circonstances3.

Les churinga sont conservés pieusement dans un lieu spécial qui est appelé chez les Arunta Yertnatulunga*. C'est une cavité, une sorte de petit souterrain dissimulé dans un endroit désert. L'entrée en est soigneusement fermée au moyen de pierres si habilement disposées que l'étranger qui passe à côté ne peut pas soupçonner que, près de lui, se trouve le trésor religieux du clan. Le caractère sacré des churinga est tel qu'il se communique au lieu où ils

Page 1