‹ Les formes gastralgiques de l'appendicite chroniqueChapitre 20 sur 26 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

(Flandin. L'appendicite simulatrice, Bulletin Médical,

février 1925).

Appendicite chronique. — Syndrome pylorique faisant penser à ulcère pyloro-duodénal. — Appendicectomie. —

Résultat très favorable.

Au mois d'août 1927, un jeune Russe de 22 ans nous est adressé avec le diagnostic d'ulcère d'estomac par notre ami le D: Lutaud, qui désire avoir un avis médical sur l'opportunité d'une gastro-entérostomie.

Le malade, qui a vécu au Caucase, puis en France, depuis la révolution, est un jeune homme vigoureux, adonné aux sports, mais ayant l'habitude ancienne d’une nourriture riche, très épicée, arrosée de champagne, vodka, etc. Depuis deux ans, il souffre de douleurs à siège épigastrique, à caractère transfixique, survenant trois à quatre heures après le repas, soulagées par ie vomissement ainsi que par l’ingestion des aliments et surtout de poudres absorbantes ou alcaiines. Ces crises gastriques, symptomatiques de spasme pylorique, revêtant habituellement le type tardif qui fait penser à l’ulcère pyloro-duodénal, n’ont jamais été accompagnées de vomissements sanglants et on n’a jamais constaté de melæna. Le suc gastrique examiné, il y a un an environ à permis de constater une hyperchlorhydrie mar-

quée. Sous l'écran, on a pu voir une encoche permanente

De

LA, bee dans la région pylorique, avec du spasme entraînant de la siose gastrique. Le diagnostic d’ulcère pyloroduodénal a été posé et le malade a été mis à un régime alimentaire sévère, avec traitement prolongé par les poudres alcalines absorbantes êt repos. Il vient de passer dans ces conditions plusieurs mois dans le Midi, a amélioré son état général, souffre moins, mais ne peut se permettre aucun écart de régime, aucune fatigue, sans avoir une crise douloureuse

accompagnée d’une légère élévation thermique et d’un état saburral se prolongeant pendant quelques jours. C'est dans ces conditions qu'il est revenu à Paris, avec tout un dossier d'examens chimiques et radiologiques de l’estomac, demander au Dr Lutaud de le délivrer chirurgicalement d’une véritable infirmité douloureuse lui interdisant toute vie normale.

En interrogeant ce jeune homme, nous trouvons dans son passé le souvenir d’indigestions fréquentes et de véritables crises abdominales douloureuses et fébriles. Des accès de fièvre répétés, qualifiés fièvre de fatigue par les uns, d'accès paludiens par d’autres, l’ont atteint jadis au Caucase et ont été souvent accompagnés de vomissements et de douleurs gastriques. Ce n’est que progressivement que la souffrance de l'estomac est devenue permanente.

Lorsque nous examinons notre malade couclié bien à plat sur le dos, nous trouvons toute la zone gastrique douloureuse avec un maximum à droite de la ligne médiane, dans la région pylorique. L'estomac se contracte manifestement sous la main qui le palpe. Mais létage sous-ombilical n’est pas normal et, dans la fosse iliaque droïte, la palpation,

même douce et progressive, détermine une contracture

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invincible du musele grand droit ; la douleur provoquée au point de Mac Burney s'accompagne de flexion de la cuisse et entraîne une irradiation douloureuse au creux épigasirique . La sensation pénible est assez forte pour faire pâlir le malade dont le visage se couvre de sueurs et qui accuse un état nauséeux,

En somme, si toutes les sensations subjectives sont rapportées à l'estomac, l'examen objectif détermine un maximum dans la région appendiculaire où la douleur provoquée et la défense musculaire sont démonstratives d’une appendicite.

Dans ces conditions, nous posons le diagnostic ferme d’appendicite et demandons un nouvel examen radiologique, de tout le tube digestif cette fois.

Cet examen est pratiqué très soigneusement, par un radiographe ignorant le passé du malade ; ce radiologiste nous envoie des radiographies montrant une encoche nette dans la région pyloro-duodénale, avec image lacunaire ; il conclut à l'existence d’un ulcère impliquant le spasme gastrique et la stase iléo-cæcale et un point douloureux dans la région appendiculaire.

Nous demandons alors à revoir le malade sous l'écran et, avec le D: Lutaud, nous constatons que l’image suspecte du pylore existe bien, mais se déplace du pylore vers le duodénum lorsqu'on prolonge assez longtemps l'examen. Par contre, les signes de l'appendicite ne sont pas douteux. Aussi, nous affirmons la nécessité d'une appendicectomie et demandons une incision médiane pour permettre l'exploration minutieuse de l'estomac et du duodénum.

L'opération, pratiquée par le D: Lutaud, permit d'enlever

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