‹ Les formes gastralgiques de l'appendicite chroniqueChapitre 7 sur 26 · PR LIRE · texte numérisé non relu

PR LIRE

L'étude du suc gastrique est pratiquée à l’aide du tubage qui permet de retirer souvent du liquide d'hypersécrétion dont l'examen nous fait déceler fréquemment une hyperchlorhydrie plus ou moins marquée. Dans certains cas l'acide chlorhydrique libre peut atteindre 1gr 75 et l'acidité totale être de 3 gr. 60 (observation VII).

L'examen radiologique est très important. Il nous offre le moyen d'étudier le spasme pylorique qui peut se présenter de différentes façons. Il peut être transitoire. Le sphincter pylorique se relâche, tantôt d’une facon complète, la bouillie barytée passant alors dans le duodénum avec une vitesse variable, tantôt d’une façon incomplète, elle passe alors sous forme d’un mince filet.

Le spasme peut être durable empêchant au cours de l’examen tout passage vers le duodénum malgré les manœuvres d’expression, et disparaître en présentant les mêmes degrés de relächement que précédemment. Quand le relâchement est brusque la bouillie barytée se précipite en masse vers le duodénum. Le spasme peut varier selon les époques : disparaître ou s’atténuer à certaines, durer et persister pendant des périodes entières. L’estomac peut être animé de contractions violentes auxquelles succède une phase de repos permettant de constater que sa grosse tubérosité ou lui-même marque un degré d’atonie ou de dilatation jamais bien accentuées (arythmie gastrique). On peut cons. tater du retard dans l’évacuation du repas opaque.

Il est possible également d'observer de l'antipéristaltisme (Hurst).

Quand le pylore est spasmé les contractions les plus vives cessent ou s’atténuent au niveau de la région spasmée. Une déformation apparaît en même temps que le spasme, faisant penser à un ulcère. Il est alors souvent nécessaire de faire plusieurs examens afin de voir si cet aspect diverticulaire persiste et se présente chaque fois.

S'il est dà à un spasme, il peut disparaître ou tout au moins se modifier, dans ce cas l’onde péristaltique ne s’arrête pas sur le spasme mais en modifie pendant le temps de son passage les caractères, la profondeur et le siège.

D'autre part l'examen après traitement belladoné permet de constater la disparition de la déformation. D'autres fois la déformation peut être causée par un repli de la muqueuse. Lorsque l'onde peristal- ‘tique arrive près de l’image suspecte, celle-ci n’a plus des limites aussi nettes, son étendue diminue, puis quand la vague l’atteint, elle disparaît complètement et les contours de l’estomac deviennent temporairement normaux (obs. VII).

C'est dire le haut intérêt de la radioscopie dans ce syndrome pylorique ; elle permet d’éliminer le diagnostic d’ulcère ; et puisque au nombre des causes de spasme pylorique réflexe nous savons que l’on peut compter l’appendicite chronique, il sera de bonne règle de faire au cours du même examen

une exploration de la région iléo-cœvale sous écran,

SYNDROME HYPERSTHÉNIQUE

Nous avons vu que le sydrome pylorique s’individualise cliniquement par les douleurs et les vomissements avec leurs caractères respectifs. Dans les autres formes de dyspepsie hypersthénique les douleurs ont comme caractère commun de n’apparaître que deux à trois heures après les repas, elles sont post-prandiales tardives et ne sont pas souvent accompagnées de vomissements.

Les douleurs commencent deux à trois heures après les repas, leur apparition est rapide et elles atteignent vite leur plus grande intensité. Leur durée varie d’une demi-heure à une heure et quelques fois plus si bien qu’elles peuvent dans certains cas se prolonger, en s’atténuant presque toujours, jusqu’au repas suivant.

Elles se manifestent généralement sous forme d’aigreurs, de brülures épigastrique ; parfois de crampes, mais celles-ci se rencontrent surtout dans le syndrome pylorique ; elles siègent au creux épigastrique et peuvent présenter le caractère transfixiant,

Il n’est pas exceptionnel qu'elles révètent le caractère de faim douloureuse, mais cette sensation est plutôt observée dans le cas de spasme du pylore

R. Bonnin 2

LR re

avec sténose ainsi que dans certains cas de phénomènes spasmodiques siègeant sur une autre portion de l'estomac.

Les irriadiations de ces douleurs se font fréquemment sous forme de brûlures derrière l’apophyse xyphoïde verticalement le long de l’œsophage et parfois dans l’hypocondre gauche lorsque le spasme siège sur la petite courbure et simule un ulcère de cette région (obs. VI).

Les douleurs tardives accompagnées de faim se traduisent parfois par une sensation de faiblesse, de vide intérieur, d’état nauséeux. D’autres fois, elles sont surtout marquées par un sentiment d'angoisse. Elles ont une intensité variable, dépendant de la sensibilité propre de chaque malade. Les crises douloureuses natteignent presque jamais le caractère de violence que l’on rencontre dans certains ulcères ou dans certaines manifestations vésiculaires. Ces douleurs, nous l’avons déjà vu, possèdent un caractère important ;celui d’être calmées par les aliments, par les alcalins et dans certains cas par la belladone. L’atténuation des douleurs est complète au bout de quelques minutes après l'absorption, elie peut persister ou bien être supprimée momentanément et nécessiter de nouvelles prises de médicaments. Il n’est pas rare de voir certains malades se plaindre de brûlures æsophagiennes.

Le pyrosis est assez fréquent; il semble plutôtattribuable d’une façon générale, à l’hyperesthésie locale qu'à la modification chimique du liquide de

sécrétion. En plus de ces phénomènes douloureux, il n’est pas exceptionnel de constater un état nauséeux variable dans ses manifestations.

Les nausées que le malade présente peuvent revétir la forme de simple sensation du mal au cœur léger jusqu’à un état nauséeux persistant ; elles subissent l'influence de diverses circonstances ; elles apparaissent et augmentent à la suite des repas, et par la palpation de l’abdomen. Il existe un signe très intéressant pouvant attirer l'attention du côté de l’appendice et mis en évidence en exerçant seulement une légère pression au point de Mac Burney : on détermine alors un état nauséeux parfois très accusé. (obs HI, VII).

Aux symptômes précédents s'ajoutent assez fréquemment les vomissements. Chez certains malades, ils n'existent pas ; chez d’autres ils sont épisodiques ; enfin ils peuvent faire partie intégrante du tableau clinique. Ils peuvent être soit précoces, soit tardifs, traduisant ainsi que nous l’avons vu un blocage spasmodique du pylore.

Parmi les signes considérés comme étant d’ordre vagotonique, on peut parfois trouver la sialorrhée, les vertiges, la cryesthésie, enfin on peut observer des troubles cardiaques.

Certains troubles viennent encore augmenter le nombre de ceux que nous avons constatés.

La constipation n'existe pas toujours, mais elle est assez fréquente (obs IT, II, IX).

Elle alterne parfoisavec des débâcles diarrhéiques.

Page 1