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LA NOTION D'EXPERIMENTUM

simple observation, à un fait dont témoignent les anciens auteurs, à ce qui a été vu, entendu ou rapporté, soit par un voyageur, soit par un informateur envoyé exprès sur les lieux. Aristote avait ainsi fait envoyer, selon Pline, dont Bacon cite le témoignage, deux mille hommes en divers lieux du monde, ut experirentur omnia quae sunt in superficie terraë”.

Les prédictions astrologiques se réalisent, Îles métaux se changent en or, l'apparition des comètes a des effets néfastes : tout cela est prouvé par de « nombreuses expériences? ». Expertiri, c’est voir, constater, être témoin ; toute information est une « expérience », on ne songe pas à la soumettre à la critique.

Il arrive cependant que le philosophe du Moyen Age ait une idée plus précise et plus juste des conditions de la véritable expérimentation. Ainsi, au xn° siècle, Adélard de Bath remarque qu’on a pu découvrir experimentaliter dans quelles parties de l’encéphale étaient logées respectivement la mémoire, l'imagination ét la raison, grâce à un accident au cours duquel un homme a subi des lésions dans le cerveau*. Le même auteur rend compte d’une autre expérience, qu'il a instituée lui-même et qu'il analyse presque correctement : mais il avoue qu’elle lui a été suggérée par le baquet magique d’une enchanteresse*?. Là où l’erperimentum semble satisfaire à certaines conditions de la vraie méthode expérimentale, l'essentiel manque et on n’a plus affaire qu’à une histoire fantastique qui repose sur la plus crédule fides ex auditu. Telle est la légende de

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