‹ Les Formes Inférieures de L'ExplicationChapitre 104 sur 194 · L. Brunschvicg. Exp. humaine, p · texte numérisé non relu

L. Brunschvicg. Exp. humaine, p

authentiques s'étaient déjà révélés et grâce à eux on avait pu instituer des règles ingénieuses, toute une! technique de la recherche dont certaines parties seront définitives. Mais l'essentiel fait défaut. François Bacon a en vue la puissance, non la connaissance. Il fait sienne la grande chimère du Moyen Age, el il cherche,

à l'aide de nouveaux moyens, à la réaliser. Sa science ODA techniquement plus perfectionnée, repose, elle aussi, sur la physique des vertus occultes. Il croit toujours aux propriétés de certaine pierre qu'on trouve dans la tête du crapaud, et à celles du cœur de singe, souverain contre le haut mal”. Il a étudié les conditions de la recherche avec la mentalité magique. En lui, la science dont le pressentiment est partout, la science qui va naître et dont il est déjà capable de codifier les procédés, est encore au service de la surmagie. Le penseur médiéval ne veut rien abandonner ni de ses rêves, ni de ses espoirs, et il ne peut pas non plus ne pas tenir compte de la réalité qui commence à s'imposer. Il voudrait n’avoir rien à sacrifier. Or, la science est faite de renoncement.

Ainsi, ni la magia naturalis, nila physique des vertus occultes, ni la « science expérimentale », ne dessinent même de loin les voies qui mèneront à la science positive. L’explication demeure obstinément mystique. Sans doute l'esprit ne s’exerce pas en vain et il n’est pas inutile qu’il s’avise de transporter dans la spéculation des procédés qui ont réussi dans la technique. Mais son habileté, son ingéniosité, il les met au service des seuls buts qui lui sont chers : il en renforce sa certitude, il en étaie sa chimère. Nulle part ne point un véritable

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