‹ Les Formes Inférieures de L'ExplicationChapitre 12 sur 194 · Weber. Le Rythme du Progrès, p · texte numérisé non relu

Weber. Le Rythme du Progrès, p

dû ? Si les ‘problèmes que soulevait la mesure pratique des aires ont donné à un Pythagore l’idée de raisonner sur les nombres eux-mêmes en dehors de toute application, c’est'que Pythagore avait déjà l'intuition de la science pure. Des milliers de calculateurs et de « tendeurs de corde » égyptiens ou phéniciens n’ont pu faire un mathématicien ?. Dans le cerveau d’un Pythagore un événement capital s’est produit : le nombre s’est séparé de l’objet nombré. Mais Pythagore ne ealculait pas pour s’enrichir. Platon a montré, dans un texte souvent cité”, que l’ennemi des belles disciplines (xd 74 ratdeuuara) était l’amour des richesses, qui engendre la servilité. L'homme ne recherche pas la sagesse mais le savoir-faire, qui dégénère vite en mavouoyis : c'est précisément le cas des Égyptiens, des Phéniciens et de beaucoup d’autres peuples, qui ont été des marchands avant tout. Mais la sophistique, au temps de Socrate, n’était autre qu’une technique du succès, l’ensemble des préceptes pour réussir : elle n'avait que faire, croyaitelle, de la vérité ou de la vertu. En la combattant, Socrate fut amené à mettre la science en dehors et audessus de l’art et même à en faire la condition véritable du succès. En voulant fonder la justice, il découvrit le concept, qui fondait la science. Car le concept était avant tout pour lui ce qui ne varie pas avec lintérêt ou la passion de chacun. Ainsi, bien loin d’être sortie de la technique, c’est d’une attitude de l'esprit radicalement différente et même opposée que la science est née ”. Enfin, non seulement la technique n’a pas engendré la

1. L. Brunschvicg. Les Étapes de la philosophie mathématique, p. 31. 2. Voir ci-dessous, p. 309 eb suiv.

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