‹ Les Formes Inférieures de L'ExplicationChapitre 122 sur 194 · Id. lbid., Obs. IV, p. 51 et suiv · texte numérisé non relu

Id. lbid., Obs. IV, p. 51 et suiv

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calement impossible de comprendre ce quisepasse dans son cerveau malade, sans être accusé de faire un usage abusif de la méthode introspective? Elle n’a plus le sentiment vif, net et plein de son corps : «elle n’a plus de. corps, on le lui a pris »; elle en a un cependant, mais d'une nature telle qu’il est impalpable, insaisissahle, fantôme qui échappe à la mort même. Ce qui n’est pas, ou quiest si peu, comment mourrait-il? Mais le «néant » de cecorps n’est pas notre néant logique, rigoureux, qui fait le vide absolu dans la réalité : c’est un néant qui existe d’une certaine manière ; si le corps de Dorothée fait échec à la mort, ce n’est pas à force d’être, c’est, pour ainsi dire, à force de ne pas être. Et toutefois il existe, sinon ilne pourrait être nié. Or, l’essentiel, car cela seul apporte un soulagement à la malade, c’est qu'il puisse être nié. — Au demeurant, la logique courante ou, comme nousl’appellerions volontiers, lalogique des incompatibilités matérielles, reprend tous ses droits lorsqu'il ne s’agit plus pour le malade de « penser », mais d'agir. Dorothée a horreur des moindres contacts, quand elle « pense » à son corps. Cependant elle se mêle avec enthousiasme à la cohue des bals de la micarême‘. L'action redresse l'intelligence dévoyée par une expérience incompréhensible, mais que la malade s’acharne pourtant à comprendre, pensant qu’elle pourra mettre, quand elle y sera parvenue, un terme à son angoisse. Elle supprime momentanément le délire, qui semble bien consister essentiellement dans cette rumination irrépressible. Elle réadapte l'individu aux choses, aux êtres, à la société. Elle le remet dans le plan de la logique courante. Mais en dehors de ce plan, en d’ab-

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