‹ Les Formes Inférieures de L'ExplicationChapitre 145 sur 194 · Id. Jbid., p · texte numérisé non relu

Id. Jbid., p

.‘ Mais regardons-y de plus près : l’impersonnalité et Ja stabilité n’ont été mises au premier plan (au prix, comme nous le verrons, d’une équivoque sur leur véritable sens) que parce qu’elles se prêtaient mieux aux exigences du système et permettaient d’en établir la proposition fondamentale : les concepts sont l'œuvre de la collectivité. En effet, la société étant au-dessus des ‘individus, sa « pensée » ne saurait être la pensée de tel ou tel de ses membres, nul n’y met sa marque propre : c’est donc une pensée impersonnelle. « Par cela seul qu’elle existe », la société est le support d’un « monde d’idéaux stables, lieu commun des intelligences », un monde de notions-types d’après lesquelles l’homme est tenu de régler ses idées, un règne intellectuel auquel il participe, mais qui le dépasse. C’est donc « sous la forme de la pensée collective que la pensée impersonnelle s’est, pour la première fois, révélée à J'humanité »*°.

Nous n'insisterons pas sur le mirage platonicien qui, selon nous, vicie toute la doctrine. Mais sur quels faits se propose-t-on de l’établir ? On invoque surtout, nous Vavons vu, les classifications primitives. Maintes sociétés inférieures ont imaginé de répartir les objets et les êtres dans des « secteurs » qui sont eux-mêmes compris dans des groupes plus étendus. Or, les lignes de cette classification ont suivi le tracé des divisions sociales : clans, phratries, tribu. Est-ce à dire que la pensée collective a créé les notions logiques de genre et d'espèce et préparé ainsi un instrument dont la science se servira plus tard? Elle ne les à pas plus créées qu’elle n’a

inventé les divisions de l’espace ou du temps. L'homme

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