Durkheim. Op. cit., p
n’a pas eu besoin de la société pour découvrir les points cardinaux ou la succession des jours et des nuits et celle des saisons : la vie sociale à pu utiliser ces repères pris dans l’espace et dans Le temps. Et souvent en effet la tribu en marche répartit ses clans par rapport au soleil. Seulement elle ne fait qu’obéir à un besoin d'ordre : tout régiment en campagne opère de même lorsqu'il répartit ses compagnies au cantonnement. Les préoccupations mystiques ne changent rien au fond. Ce qu'il eût fallu, c’est que la tribu remarquät la hiérarchie logique qu’elle instituait dans son sein. Mais elle ne l’a pas fait, ni ne pouvait le faire. Elle ne l'a pas fait, puisque ces classes et ces genres n’ont point amené la conscience primitive à l’idée féconde d'une classification abstraite, fondée sur d’autres principes que les affinités mystiques, puisqu'ils ne représentent qu'une simple extension de l’ordre interne dont toute conscience a besoin. D’ailleurs, même lorsque l'humanité est en possession d’un sytème logique, elle ne songe pas nécessairement à l'appliquer là où il pourrait rendre les plus grands ‘services et où il nous semble, à nous qui avons dépassé le stade préscientifique, qu'il s’imposait : l’alchimie a toujours obstinément ignoré la notion de nomenclature qui a révolutionné la chimie. Dira-t-on qu’elle aurait pu, si la chance lui avait été favorable, la découvrir et parvenir ainsi à la vérité chimique? C’est le contraire qui est vrai. C'est l'idée de vérité chimique qui pouvait seule lui faire entrevoir l'immense portée d’une classification méthodique des corps‘. — On arrive ainsi à la difficulté essentielle : la conscience primitive pouvait-elle