Ibid., p
réfléchi dans la conscience de J’homo faber qui cependant l’appliquait correctement. Il en est de même en ce qui concerne les concepts de totalité ou de force : tant que le groupe ne fait que les vivre, ils ne sauraient le mener aux notions claires et distinctes d’universalité ou de causalité. A chacune de ses démarches la conscience se perçoit comme un tout. Il n’est pas de « catégorie » qui lui soit plus essentielle, mais précisément ‘pour cette raison, il n’en est pas qui tarde plus à se transformer en notion explicite. La totalisation de l'Univers sous les espèces du groupe n’est, elle aussi, qu’une synthèse vécue, inséparable des objets et des êtres qu’elle comprend. Pareillement, on ne voit pas comment la force collective aurait pu être « Le prototype du concept de force efficace, élément essentiel de la catégorie de causalité’ », Qu'on la conçoive comme la résistance éprouvée par l'individu lorsqu'il se heurte aux contraintes sociales, ou comme la puissance qui le soulève au-dessus de lui-même aux moments d’intense exaltation collective, dans l’un et l’autre cas la notion distincte et abstraite de force efficace n’a pu en dériver. L’individu subit la contrainte et y obéit sans prendre nettement conscience de la force qui l’exerce. Quant à l’exaltation collective, elle est semblable à une ivresse qui ne laisse après elle que des souvenirs confus : les puissances perçues ne se distinguent point des dieux auxquels l'émotion restitue, ravivées, leur couleurs. Infiniment plus net est le sentiment de force efficace lorsque l'individu, éveillé et lucide, poursuivant un plan défini d'action ou de fabrication, rencontre des résistances matérielles et fait effort pour les vaincre : pourtant,