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LA PERSONNALITÉ DE L'ENFANT

personne même est engagée; elle consiste à effectuer une série de jugements, et la fonction du langage n'est troublée que parce que celle du jugement l'est aussi, au moins dans ce qui la constitue essentiellement, l'affirmation énergique de soi‘. Le mécanisme délicat de la reconnaissance des mots est altéré le premier. Les troubles de la reconnaissance des objets accompagnent presque toujours les maladies du moi, et une doctrine de plus en plus accréditée tend à voir dans les aphasies des modalités de l’aboulie”. Peut-être reconnaîtra-t-on un jour que toutes les maladies mentales se ramènent à des altérations plus ou moins profondes, plus ou moins singulières, de la personnalité.

Nous emprunterons à la psychologie enfantine notre troisième exemple. — Chez l'enfant, la formation de la personnalité va de pair avec la naissance de l'esprit critique, avec la constitution des types objectifs d’explication. Sans doute il n’est pas facile de saisir exactement à quel moment s'eflectue le passage au stade supérieur. Sans doute même ce moment n’existe-t-il pas : le passage est préparé par toute une série de petites transformations, et s’il n'est pas uniquement l'effet de leur accumulation, du moins ne se fût-il pas accompli sans elles. — Dès l’âge le plus tendre, le subjectivisme de l’enfant est graduellement réduit par une foule de facteurs qui émanent du milieu civilisé, raisonnable, positif, dans lequel il vit. Entre ses systématisations et les manières de voir de son entourage, le désaccord ne tarde pas à éclater : il en éprouve un vague malaise, une hésitation, il met moins d’ardeur à construire son monde imaginaire, c’est le moment où, .

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