Voir ci-dessus, p
2, Pierre Marie.
pour traduire ce malaise, il commence à distinguer les « vérités de vraï » et les « vérités de joujou » ‘. Mais on peut à peine parler de doute, il passe outre, et continue pendant un certain temps encore à expliquer le monde à sa façon et à poser des questions qui ne trahissent pas le besoin de le connaître. Ce besoin ne prendra corps que lorsque sa personnalité se sera suffisamment affirmée et affermie. Le contact effectif avec les autres enfants, contact qui donne lieu à des rivalités et à des luttes, procure à l’enfant la conscience de sa force, de son pouvoir, par la résistance qu’il rencontre chez les autres (ses semblables avec qui il peut se mesurer) : il se pose en s’opposant. Mais de tous les côtés à la fois se font sentir des résistances variées : tout son milieu lui est hostile, mais par là tonique; il s’y fortifie dans la gène et dans la douleur. — L’éducation Foblige à vouloir : elle lui donne des tâches précises àremplir, et qui ne peuvent être remplies comme il faut et à l’heure qu'il faut, que s’il s'applique. Les perpétuelles sanctions lui rappellent qu’il y a un certain nombre d’actes que son imagination lui présente sous des couleurs. plaisantes, mais qu’il ne peut pas faire, et le voilà bien obligé d'accepter le monde tel qu'il est, et non tel qu’il aimerait bien qu’il fût. Notons que la contrainte exercée par le milieu sur l’enfant est d’une tout autre nature que celle que subit le primitif dans le sien, et elle a des effets opposés : dans le premier cas, elle rend. possible éveil du moi personnel, dans le second, elle l'empêche. C'est que la contrainte que subit lenfant n’est pas absolue, elle lui laisse du jeu; même s'il est forcé d’obéir, il peut protester intérieurement. Au contraire,
4. Cramaussel. Le premier éveil intellectuel de l'enfant, p. 61, note Observ. empruntée à E. Egger).