Rép. VII
connaître le vrai, l’âme doit examiner chaque chose « par la pensée seule, sans chercher à soulager sa méditation par la vue, ni à.soutenir son raisonnement par aucun autre sens corporel... »'. Mais elle répugne à un; effort aussi pénible : elle cherche sans cesse à l’éviter ow à Le tourner. D'ailleurs, d’autres soins l’absorbent. Il y a les besoins du corps qui sont impérieux — « le corps, cela est certain, est un obstacle à la science »? — et particulièrement exigeants lorsque la maladie trouble les fonctions physiques, car l’âme s'affole et est incapable de penser à autre chose. Il y a les amours, les désirs, Les craintes, « d’où naissent mille imaginations et mille sotuses »°. Quiconque veut parvenir à la vérité doit donc être maître de son ‘corps, « se tenir pur de toute souillure »*, dompter ses passions. La science a pour condition la liberté de l'esprit : « Nous converserons avec des hommes affranchis comme nous et nous connaîtrons par nous-mêmes (di nuoy avr) l'être distinct de chaque chose (xäv + etlixowés), car c’est fpeut-être cela la vérité »5.
Socrate, à travers les dialogues platoniciens, est. l’homme du vrai savoir, Sa raison est droite, mais non pas rigide et dogmatique. Elle est ferme et souple. Elle est souple parce que Socrate est fort : il n’a pas à craindre le vertige, il peut côtoyer, sans en accélérer le moins du monde sa marche, les abîmes de l'incertitude et du doute. Il entend ne pas le céder en subtilité aux sophistes, il accumule les difficultés, il s’environne de