lbid., 65 a
. Ibid,, 66 c.
. Jbid,, 66 e.
. Ibid., 67 a.
ñ LA PENSÉE GRECQUE 315
ces problèmes, qui sont l’effroi des consciences faibles. Par une espèce de gageure audacieuse, il provoque ces éternels ennemis de la raison, la métaphore et le mythe. Il multiplie les comparaisons et les fables, mais en les multipliant, précisément, il les rend inoffensives. Il ne craint pas de jouer avec les idées : le sérieux viendra plus tard. Il feint d'entrer dans la folie des autres. « Demain, dit-il, nous procéderons à l’exorcisme et à la purification!. » — Il essaie toutes les opinions, jusqu'à ce qu’il rencontre une résistance, quelquechose de solide, ziyx Bééarov?, qui ne dépende point de notre fantaisie.
Le trait dominant de son attitude intellectuelle, c’est qu’il ajourne le plus qu’il peut le moment de la certitude. Il n’est ni pressé de conclure, comme les rhéteurs, dont la pensée peu nourrie, toute verbale, estincertaine, ou les jeunes gens, naturellement impatients, fougueux et encore ignorants; — ni friand de ces disputes au cours desquelles on perd de vue le but, quiest la vérité, pour ne plus exercer qu'une sorte de virtuosité stérile. Comme ces vains raisonneurs, il tient longtemps sa pensée en suspens, mais sa pensée progresse. Il discute volontiers, et longuement, mais il fait en sorte que le débat ne dégénère pas en dispute, il le mène, ne sachant peut-être pas trop bien oùil va, mais décidé à ne s'arrêter qu'à une conclusion ferme. Le dialogue socratique est une sorte de doute à deux ou à plusieurs : les interloeuteurs ne présentent pas seulement des thèses dont il s’agit de montrer la fausseté, ils font des objections et ils contribuent à différer la conclusion. Socrate raille impitoyablement le disputeur Euthydème, mais il