‹ Les Formes Inférieures de L'ExplicationChapitre 176 sur 194 · Euthydème, 274 b, 212 b · texte numérisé non relu

Euthydème, 274 b, 212 b

déclare ailleurs : « Je suis de ces gens qui aiment qu’on les réfute, lorsqu'ils ne disent pas la vérité, qui aiment aussi à réfuter les autres quand ils s’écartent du vrai, et qui du reste ne prennent pas moins de plaisir à se voir réfutés qu’à réfuter'. » — Mais si Socrate ne repousse pas la collaboration des autres et, au contraire, la recherche et la sollicite, il sait, au besoin, s’en passer. Tous peuvent être unis contre lui : ils ne le persuaderont pas. « Je suis, ‘dit-il, quoique seul, d’un autre avis”. » La collaboration des hommes est utile et même nécessaire : elle ne suffit pas. Il arrive que la vérité, pour triompher, doive passer outre à une opinion presque unanime. Elle a pour creuset une personnalité forte et libre, dressée, s’il le faut, contre tous.

Le doute qui mène à la science a pour condition une vertu : la modestie. Si la Pythie a proclamé Socrate le plus sage des hommes, c’est que Socrate, à la différence des autres mortels, sai qu’il ne sait rien. Il a vraiment exorcisé en lui le démon de la certitude. Il a vidé la corbeille, comme dira plus tard Descartes, et il n’en a pas seulement enlevé les « opinions » qu’on reçoit de la collectivité et les idées qu’on se forme hâtivement sur les choses, mais même les conceptions des anciens sages sur l'Univers : cette belle science est, elle aussi, une fausse science, les ous10)6ot ont imaginé le monde, ils ne l’ont pas expliqué, leurs éléments, l’air, l’éther, l’eau, le feu, « et autres choses aussi absurdes », ne sont pas les vraies causes. — Quereste-t-il donc? Soi-même. Lorsque le dieu prescrit : Connais-toi toi-même, ce n’est pas en vain. Voilà en effet la seule connaissance qui puisse embrasser étroitement et complètement son objet.

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