Ibid., 472 c. (Cf. 471 e
L'Univers nous échappe, mais non pas notre âme : elle est là, qui ne peut nous fuir, si du moins nous sommes capables de régner en maîtres sur ce qui est en nous et dépend de nous. Le précepte de Delphes ne convient qu'aux âmes fortes, et il est, pour ceux qui l’appliquent, une source de force, |
Toute sagesse et toute science viennent de cette réflexion sur soi-même. Les démarches de la pensée socratique confirment ainsi ce que nous disions au: début de cet ouvrage : la prise de conscience n’est pas un fait qui va de soi, elle marque un moment décisif dans l’évolution, et elle représente véritablement le point de maturité de l'individu et de l'humanité. Socrate a fait du connais-toi le centre de sa philosophie. Ceux qui passent à côté du vrai sont ceux qui ne se connaissent pas encore. Les enfants ni les jeunes gens ne songent à considérer attentivement leur propre pensée : ils accumulent perceptions et images et en consiruisent un Univers, dont ils se satisfont. Mais bien des hommes ne dépassent jamais cette juvénilité intellectuelle. Socrate ne s’y trompe pas : accoucheur des esprits, il a vite fait de discerner les grossesses chimériques‘.
Quiconque se connaît attache plus de prix à la sagesse qu’à la science. D'ailleurs, vérité et vertu se confondent. Celui qui sait ne peut que vouloir le meilleur. La droite raison fait la volonté droite. On peut le contesler : n°y a-t-il point des hommes savants qui ne sont pas vertueux? Mais s'ils possédaient vraiment la science, ils posséderaient aussi la sagesse. — Ce qui importe avant tout, c’est la conduite de la vie. Quel est le meilleur?