‹ Les Formes Inférieures de L'ExplicationChapitre 181 sur 194 · Mét., À. chap. Im · texte numérisé non relu

Mét., À. chap. Im

ESSERTIER. 21

tion cosmogonique ses grands thèmes, disons même ses: « problèmes », mais ils y apportent un esprit nouveau. C’est le monde en lui-même quiles intéresse : ces esprits libres sont à l'abri des craintes et des désirs qui ont donné naissance aux mythes de la création : ils ne sont pas éloignés de faire du cosmos un vaste mécanisme, auquel finira par présider le pur hasard. S'ils sont arrivés à ce résultat, c'est que leur représentation de l'Univers avaitcessé d’être impliquée « dans les pratiques rituelles qui assurent la communion du groupe social avec les puissances mystérieuses de la nature Di — c’est, en un mot, qu'ils s’élaient affranchis de la pensée collective. Ces premiers savants étaient aussi des sages, qui plaçaient déjà dans l'indépendance intérieure le souverain Bien. Mais en définitive ils substituaient au dogmatisme de la pensée primitive un autre dogmatisme ; préoceupés de construire un Univers qui, en les satisfaisant entièrement, leur procurât l'absence de trouble, ils allaient trop vite à la certitude. Voilà pourquoi ils ont déçu Socrate : « enflammé d’un désir ineroyable d'apprendre la physique” », le jeune philesophe pensait que Les sages lui enseigneraient les causes véritables des phénomènes. Comme il a percé à jour leur inconsciente supercherie, leur fausse science ! Sa condamnation de la physique a un sens d’une étonnante profondeur. Il perçoit que le désir de connaître 7x ousuxa, 7ù odpavis risque de mettre l'esprit sur une mauvaise piste. : c’est un savoir facile et qui regarde surtout l'imagination ; à l’aide de quelques éléments préalablement tirés de l'observation on reconstruit le monde ; quelque habileté dialectique, et l’on est philosophe. Le

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