‹ Les Formes Inférieures de L'ExplicationChapitre 182 sur 194 · Phédon · texte numérisé non relu

Phédon

pis est que l'esprit est satisfait, et même enchanté. Or, l'essentiel lui manque, car ce n’est que s’il se replie sur lui-même, s'il accepte de considérer comine le seul objet de ses recherches ses propres pensées et sa propre conduite qu’il découvrira Les conditions du vrai savoir.

La méthode de Socrate n’en rendait pas moins possible la connaissance positive du monde sensible. Gr, ni Platon, ni Aristote, qui ne négligèrent pas cependant l'étude des phénomènes terrestres et célestes, ne songèrent à fonder une physique rationnelle. Chez Platon le concept vivant, créateur et rénovateur, le concept encore tout près du problème et du doute, âme et guide de la recherche, se cristallisa en « idée » — et c’est à travers le prisme des Archétypes et de leurs Copies sensibles que fut aperçu et conçu, ou plutôt imaginé, l'univers périssable. Aussile Timée marque-t-il un recul plutôt qu’un progrès sur la physique de Démocrite : Punivers du Tinée parlait davantage aux imaginations. Le physique et le spirituel s’y mêlaient, la pensée primitive y retrouvait un climat favorable. Parallèlement, le concept, emprisonné dans le modèle mathématique, devenait l'être même, le réel se confondait avec un intelligible défini a priori par les traits logiques les plus simples, et le règne de l'ontologie commençait, qui risquait d'arrêter à la fois le mouvement de la science et celui de la philosophie.

On dirait que l'esprit grec a été grisé par la découverte de la vérité mathématique ; il eût pensé la corrompre et lui enlever sa dignité* en l’appliquant à l’expérience : le nombre pur, la figure idéale arrachés aux mains

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