‹ Les Formes Inférieures de L'ExplicationChapitre 183 sur 194 · Platon, d’après Plutarque. Vie de Marcellus, 305 e-f · texte numérisé non relu

Platon, d’après Plutarque. Vie de Marcellus, 305 e-f

grossières des comptables et des arpenteurs ne Jui semblaient à leur place que dans le monde des Intelligibles. Ainsi fut frappée de stérilité la plus féconde des disciplines : le mépris aristocratique des œuvres serviles en a été moins la cause, selon nous, que l'enthousiasme d'une pensée qui s’est trouvée tout à coup face à face avec elle-même. Comment eût-elle consenti à l’appliquer à des choses soumises à la corruption et à la mort, alors qu’elle lui donnait la clef de ce qui.est éternel ?

Aristote était curieux des choses de la nature et quittait volontiers les hauteurs où se complaisait Je génie de son maître. La fusion de la vérité mathématique et de l'expérience allait-elle s’opérer dans son esprit et donner naissance à la physique ? Il n’en fut rien, car la science, pour Aristote, était moins une recherche qu’une somme de connaissances : « Son esprit systématique devait tendre à imposer des solutions là où il fallait laisser les problèmes ouverts’. » L'encyclopédie aristotélicienne fut avidement accueillie : elle présentait quelque chose de défini, de stable, dont on pouvait faire le tour, si considérable que fût le monument ; elle était comme un speculum majus de l'univers, de ses particularités, de ses curiosités, et d'autre part quiconque faisait un effort sérieux d’application et de mémoire pouvait s’en rendre maître. Comment y aurait-il eu place, dès lors, pour la féconde inquiétude de la pensée ? L'esprit fuit le doute et le problème, contre lesquels le monde sensible ne lui offre aucun secours : s’il les accepte, la pensée, contrainte à se replier sur elle-même au lieu de s’appuyer sur les choses, ne

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