‹ Les Formes Inférieures de L'ExplicationChapitre 186 sur 194 · Lévy-Bruhl. Fonctions ment., p. 448. Cf. p. 447 et · texte numérisé non relu

Lévy-Bruhl. Fonctions ment., p. 448. Cf. p. 447 et

La révolution cartésienne, a-t-on dit, n’a été que le renouvellement ou le développement de la révolution socratique ‘. Cependant elle a réussi : la science positive est née. Suffira-t-il, pour expliquer ce succès, d'invoquer des circonstances plus favorables, les progrès déjà accomplis, l’effervescence de l’époque, le besoin de nouveau, l’élargissement du monde connu, les espérances suscitées par des découvertes récentes, l'aurore de l’expérimentalisme? Sans aucun doute Descartes a été porté par l'enthousiasme de son temps ; et il était en outre le citoyen d’un monde savant plus étendu que celui de Socrate. Mais s’il a imprimé à la pensée moderne une impulsion décisive, c’est que, aussi libre que Socrate, aussi affranchi de l’autorité et de la collectivité, il est revenu à la source, à l’activité rationnelle elle-même, et l’a décrétée constamment supérieure aux universaux des dialecticiens ? : l'expérience socratique, partant du jugement, avait abouti au concept, qui s’était cristallisé en Idée, puis avait donné naissance au conceptualisme logique. D'une vigoureuse poussée Descartes a jeté bas ces laborieuses constructions sous lesquelles demeurait emprisonnée la source vive, la jouvence de l’esprit. C’est la force de la résistance que lui opposait la scolastique qui lui à permis d'aller plus loin que Socrate : la fermeté souriante du maître grec n'avait point à triompher d'un mur aussi épais, aussi uni : son élan,s’en trouva amoindri. Descartes, au contraire, dans le puissant effort qu'il fit pour le ruiner de fond en comble, retrouva les conditions éternelles de la pensée vraie : la constance et la

4. H. Carteron. Rev. phil., 1923 (Cité par H. Berr, Pensée grecque, p. xml).

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