‹ Les Formes Inférieures de L'ExplicationChapitre 187 sur 194 · L. Brunschvicg. Exp. humaine, p · texte numérisé non relu

L. Brunschvicg. Exp. humaine, p

liberté de l’âme, le désintéressement, le courage, le doute générateur de problèmes, l’inépuisable fécondité d’une intelligence qui ne se décharge pas des tâches difficiles qui lui incombent sur les fonctions inférieures : pura mens. Le lent et pénible redressement de l’explication, à travers l’histoire humaine, parvient à son terme ultime dans cette suprême affirmation de la personnalité. Tout est au même titre objet de connaissance. Une même méthode peut avoir raison de toutes les difficultés : l'esprit règne en souverain sur le monde sensible aussi bien que sur le monde abstrait des nombres et des figures. La vérité mathématique, appliquée à l'expérience, la rend intelligible. La science véritable ne sépare point le rationnel et le réel. Elle ne sépare pas non plus la spéculation et l’action. Elle ne voit pas pourquoi elle renoncerait à s’assurer la maïitrise de cette nature dont elle découvre les plus secrets ressorts, pourquoi elle laisserait sans emploi des forces auxquelles elle peut commander. Ainsi la même sève, qui régénère la science, vivifie le corps languissant de la technique. L’homo faber et l’homo sapiens se récon= cihent dans l’unité supérieure de l'intelligence créatrice.

On imagine volontiers qu’à partir du Discours de la Méthode l'humanité s’est engagée résolument, dans une route désormais libre, vers les formes supérieures de l'explication. Or, il n’en est rien. Et après ce que nous avons dit, il est facile de comprendre pourquoi. L'œuvre que Descartes à accomplie est une œuvre héroïque *. Mais l’héroïsme de la pensée est le plus dif-

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