bid., p
plation : « C'était comme si, dit-il, j'étais connu des cavaliers et comme si j'étais moi-même un des cavaliers de cette troupe. » Puis il ajoute : « C'était comme si l’un des cavaliers était mon père et les autres mes parents *. » La vue de cette troupe de fière allure évoque chez le contemplateur des sentiments, dont il n’a d’ailleurs pas conscience et ils n’en sont que plus agissants, de sympathie et d’orgueil : elle ne saurait dès lors lui être tout à fait étrangère. Des liens s’établissent : il est l’un de ces cavaliers, ces cavaliers sont ses camarades. Les liens se précisent, se renforcent, à mesure que l’image se développe : ils prennent un caractère plus profond, plus ancien, la camaraderie ne suffit pas à la plénitude croissante des sentiments, la parenté la supplante. Il voit son père parmi ces cavaliers et tous les autres sont ses parents. La troupe est une gens ou un clan en marche, sa propre gens avec, à sa tête, le Père, aimé et redouté, ami et le chef, Cette fois le libre développement de l'illusion va, semble-t-il, jusqu'à faire revivre des formes archaïques de pensée et de sensibilité. Nous ne sommes sans doute plus très loin du stade originel.
Plus profonde est la fibre touchée, plus nette et riche est l'évocation. Le Frison que poursuit inconsciemment le regret nostalgique de son pays, aura des images eidétiques particulièrement vives si on lui présente des gravures où sont dessinées des cabanes de paysans qui ressemblent à celles de la Frise. — Mieux encore le sujet infléchit l’image dans le sens de ce qu’il aime. Épris des beaux paysages et des belles formes, il ne peut souffrir aucune laideur dans le spectacle qu’il se donne à lui-même. « Ce qu'il y a de désagréable dans