‹ Les Formes Inférieures de L'ExplicationChapitre 39 sur 194 · E.R. Jaensch. Op. cit., Bd. 88, p · texte numérisé non relu

E.R. Jaensch. Op. cit., Bd. 88, p

LES IMAGES è 87

l’image se retire ou se transforme’. » Manifestement, Pamour mène le jeu : il modèle à son gré son propre objet ; il substitue au réel qui lui résiste un imaginaire avec lequel il tend à se fondre. — Mais ne serions-nous pas cette fois en présence d’une situation qui à dû être, à peu de choses près, celle où se trouvait la conscience primitive ? Si les frontières sont encore à ce point indécises, dans certaines circonstances, et malgré une connaissance suffisamment positive de l’univers, entre la réalité objective et les fictions du sujet (au point qu’un savant, pris au piège de ce semi-hypnotisme que provoque la contemplation prolongée d’une image, n’arrivera pas, malgré tous ses eflorts, à chasser l’hallucination et se croira devenu fou momentanément ?), est-il absurde de supposer que la tendance des images à se transformer en hallucinations ait été, à l’origine, parti. culièrement forte? Nous demanderons tout à Fheure à l'ethnographie un certain nombre de présomptions en faveur de cette hypothèse. Mais essayons d'abord de nous représenter ce qu'ont dû être et comment ont évolué, dans la conscience primitive, les rapports du réel et de l'imaginaire.

Le plus souvent, sans doute, les nécessités de l’action ont suffi à réduire la tendance hallucinatoire de l’image. Mais ont-elles joué ce rôle dans tous les cas ? Il ne le semble pas. Le propre de lhomme est justement, disions-nous, de se souvenir et d'imaginer sans nécessité, L'image déborde l’action. Elle naît, se développe et prolifère sans contre-partie et, en conséquence, Sans contrepoids exact dans la pratique. Il n’est pas interdit dès lors de penser que l’évolution mentale de l’homme

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