‹ Les Formes Inférieures de L'ExplicationChapitre 40 sur 194 · E. R. Jaensch. Op. cil., Bd. 88, p · texte numérisé non relu

E. R. Jaensch. Op. cil., Bd. 88, p

9, lbid., Bd. 91, p. 101, en note.

a dû traverser une phase critique. Ces libres images risquaient, comme il arrive dans le rêve et dans le délire, de se faire prendre pour des réalités et l’homme eût vécu parmi des fantômes sans cesse renaissanis, et, ce qui était pis encore, dans le doute, la confusion et le déséquilibre. Comment a-t-il échappé à ce danger ? I ne suffit pas de lui attribuer une raison que l’on commencerait par doter du pouvoir de rectifier les images. Mais peut-être pouvons-nous préjuger de ce qui s’est passé par ce qui se passe encore dans certains cas. La lutte de l'homme contre l'imaginaire n’est pas terminée : elle est probablement éternelle. L'humanité a beau être millénaire : le moindre enfant reproduit ses premiers gestes, ses premières attitudes. Les mêmes procédés, sans doute, lui servent encore pour fixer à l'objet la représentation rebelle. On dit à un enfant de penser à un encrier, Il demande : « Qu’est-ce que penser? Est-ce quand on voit quelque chose ? Quand je suis à la campagne et que je pense à la maison, alors je suis à la maison... ‘ » L’artifice consiste à lester l'image par une action imaginaire encore sans doute, mais dont le moi tout entier se porte garant. L'enfant n’a pas comme nous la libre disposition de ses représentations. Quand il « pense » l’une d’elles, il n’a pas recours à un raisonnement où entrent des calculs d'espace et de temps. Il se transporte lui-même en imagination dans le fragment d’univers où elle a ses origines, il y vit, il S'y voit aller, venir. En même temps que la maison, tout renaît : les choses, les gens, les alentours. Une évocation partielle, schématique, abstraite, qui est la règle chez l’adulte, est rare chez l'enfant. Au contraire, l’évo-

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