‹ Les Formes Inférieures de L'ExplicationChapitre 5 sur 194 · H. Delacroix. Le Langage et la Pensée, 1924, p · texte numérisé non relu

H. Delacroix. Le Langage et la Pensée, 1924, p

telligence. Là où il ne se fait plus sentir, la pensée s'immobilise et tombe dans la routine. Chacun de ses progrès, dans l'histoire de l'humanité, est né d’un problème qui s’est imposé à elle, sans qu’elle ait pu l'éluder. Et ‘telle est sans doute la vraie source de Pévolution mentale de notre espèce.

Mais ‘qu'est-ce qu’un problème? Si, pour le définir, nous nous contentons de recourir à une notion préalable de l'intelligence, nous n’auronsipas fait un seul pas et nous serons au rouet. Posons que nous ne savons rien de l'intelligence, chassons de notre esprit toute formule apprise par laquelle nous serions tentés de la définir. Allons ‘plus loin encore : posons que tout ce que nous en saurons, c’est l'analyse du « problème » qui nous lapprendra.

La nature du problème est une, mais il en est de plusieurs espèces. Sitout problème se réduit, en dernière analyse, à l'impossibilité où l’on se trouve momentanément .de faire face, avec les moyens habituels, à une situation donnée, au sentiment que l’on:a de cette impossibilité et à l’esquisse des premières démarches que l'on fait pour y échapper, si, en ‘un mot, tout problème est dans son fondune contrariété, il reste qu’il y a plusieurs sortes de contrariétés. — La ‘conscience est « l'inadéquation de l'acte avec la représentation ». Elle surgit au moment où un obstacle, en arrêtant ou en entravant l'exécution machinale d’une action habituelle, « débouche » la représentation‘. Elle commence donc avec la vie animale, qui est une suite de difficultés vaincues, de désaccords et de réajustements. Mais elle est faible et intermittente, car les tendances dont la

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