J. Spieth. Die Ewe-Stämme. (R. Allier, op. cit
4. À. et E. Jalla. Pionniers parmi les Ma-Rotsé (1904). — Cf. Burnier, Ames primitives, p. 7 (cité par R. Allier).
tuellement, mais elles ont un trait commun, ou plutôt une idée s’en dégage : celle du caractère ancien et « périmé » de ce dieu.
On a pu aller jusqu’à prétendre que « la notion d’un Être suprême a parfois l’air de devenir plus précise à mesure que l’on remonte Le cours des âges” ». Mais alors on.est allé beaucoup trop loin. On a fait dire aux faits que nous venons de rapporter ce qu’ils ne disent pas. Ce qui est vraisemblable, selon nous, c’est que ce grand dieu est le vestige de la plus ancienne religion et que celle-ci était caractérisée par la plus extrême indétermination : à l’inquiétude éprouvée correspondait seulement un pouvoir invisible, vaste et indifférencié comme la crainte elle-même. La manière dont les primitifs nous parlent de leur « grand dieu » ne doit pas nous faire illusion : ils ont dépassé le stade où le sentiment religieux était aussi purement affectif qu’il est possible à un sentiment de l'être sansrisquer de s’annihiler ; ils sont incapables de le revivre ou d’en prendre conscience; ils: interprètent comme ils peuvent à l’aide de leurs croyances et de leurs conceptions actuelles une réminiscence assez forte pour s'imposer à leur esprit, malgré son inutilité: enfin, ils ont commencé à réfléchir et l'idée d’un créateur et d’un régulateur de l’univers s’est formée, con- &urremment avec le polythéisme, que d'ailleurs elle ne détrône nullement, car elle est aussi peu que possible une idée-force, elle ressemble plutôt à une idée philosophique, dont elle a au moins le caractère contemplaüf, « théorique », désintéressé, — représentation séparée et de l’action et de l'émotion.
1. Raoul Allier. Op. cit., t. I, p. 284, note 6. Cf. l'ouvrage du P. Koppers. Unter Feuerland-Indianern.