‹ Les Formes Inférieures de L'ExplicationChapitre 67 sur 194 · Spieth. Die Ewe-Stämme · texte numérisé non relu

Spieth. Die Ewe-Stämme

formes personnelles et, pour ainsi parler, à se réincarner, c’est-à-dire à se repersonnaliser. On dirait une « matière d'âme » qui cherche un corps — plus exactement un sujet, un support. D'abord il n’y a point de magie qui se passe réellement du concours des dieux, ou tout au moins des esprits et des démons. Chez les Australiens le même motdésigne, nous l'avons vu, la force mauvaise et les méchants démons qui causent les éclipses, et les Mélanésiens disent que, dans les tempêtes, circulentdes troupes d’esprits et des flots de mana. Les arbres, les rochers, considérés comme wakans, deviennent pour les indigènes des êtres auxquels,on adresse des prières’. Le wakanda lui-même n’est pas, à leurs yeux, une personne : ils ne lui en donnent pas moins, sans le vouloir, les attributs, puisqu'ils le disent très humain, accessible à la pitié”. Le #i/0 des ba-Ronga fait mourir ceux qu'il hait et vivre ceux qu'il aime. Cependant, à en croire les indigènes, il n’est pas une personne. Une femme dit au missionnaire, après sa prédication : « Nous savions déjà que le ciel — c’est-à-dire, précisément, {4/0 — existait, mais nous ignorions qu'il y eût quelqu'un au ciel°. » En conclura-t-on toutefois que ce tilo est réellement un principe impersonnel ? Il nous semble qu’il faut le concevoir plutôt comme une puissance vague, mal définie, qui contraste fortement avec le « quelqu'un » qui est au ciel, selon l'enseignement du missionnaire, le dieu chrétien, si nettement caractérisé, si rigoureusement personnel. Jamais, sans doute, le tilo n’atteindra à un tel degré de personnalité, — d’où lui viendrait-il? le moi ba-Ronga est trop faible, trop

1. Miss A. Fletcher (cit. par Saintyves, La Force magique). 2. Smithsonian Reports, 1897, p. 579.

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