‹ Les Formes Inférieures de L'ExplicationChapitre 75 sur 194 · R. Marett. From Spell to Prayer, p · texte numérisé non relu

R. Marett. From Spell to Prayer, p

ne se résigne pas à être à la merci des dieux : il veut les égaler et au besoin les dépasser. Il se sent tributaire, comme eux, de la'même puissance indéfinie. S'il la considère à part, il ne la dépouille nullement de ses caractères originels. La magie est une mystique.

L'homme, après les avoir suppliés, contraintles dieux, nés de son étonnement inquiet. Son attitude est faite d’effroi — résidu irréductible de l’anxiété originelle — et d'orgueil, car il s’imagine qu’il a réussi à capter ce qui fait la force des invisibles, comme il a dompté par sa technique une partie des forces de la nature. Il n’est rien désormais que son imagination ne lui représente comme possible. Le rêve s'organise. Il n’est rien qui ne puisse être tenté. Non seulement il se croira en mesure de provoquer la maladie et la mort, mais il pensera pouvoir, à l'instar des dieux, disposer de la santé et de la vie, jouir d’une jeunesse éternelle, animer la matière inerte, créer des hommes. La vivacité de ses émotions, la violence de ses désirs, l’intensité presque hallucinatoire de ses images‘ donnent au thaumaturge enivré (comme à l’enfant, parfois, et au poète) l'illusion d’un pouvoir sans limites. Les énergies surexcitées qu'il perçoit en lui, sans être d’ailleurs capable de les reconnaître comme siennes, lui communiquent une assurance qui résiste à tous les démentis de l’expérience : elles projettent dans l’avenir — un avenir indéterminé — les résultats escomptés, et dans un autre plan — le monde des invisibles — les moyens qui permettent de les atteindre. Ils’agit avant tout de protéger contre les vents hostiles le foyer de certitude et d’espérance qui s’est allumé dans l'âme à la fois inquiète et

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