Id. Jbid., p
sont le signe que les esprits les habitent; des pratiques déterminées — fumigations, danses, jeûnes prolongés, absorption de certaines substances — développent encore ces prédispositions qui les désignent à la vénération inquiète du clan. — Les femmes ont souvent plus de pouvoirs que les hommes. Les chamanesses yakoutes sont plus fortes que les chamanes et ceux-ci les imitent, s’habillent en femmes, portent les cheveux longs'. Chez les Assyriens”, dans l’Europe du Moyen Age, dans l’Afrique du Nord d’aujourd’hui *, elles sont en grand nombre et très redoutées. Le vieux moraliste du Vair en avait bien vu la raison : il l’attribuait au caractère passionné des femmes « qui fait qu’à la première et moindre occasion qui s'offre, elles bouillonnent d’ire et fichent une œillade ardente et farouche sur ce qu’elles veulent ensorceler* ». Toutefois, leur grande émotivité, leur nervosité et leur prédisposition plus marquée aux accidents nerveux ne sont pas les seules raisons. Le facteur sexuel est au moins aussi important. On connaît les croyances, si répandues dans les sociétés inférieures, relatives au sang périodique et l'espèce d'horreur sacrée qu’il inspire *. D’autre part, les émotions sexuelles sont les plus fortes et celles qui s’élèvent le plus rapidement au paroxysme, Les prostituées ont eu parfois un caractère sacré, et certaines civilisations ont connu la prostitution religieuse ; mais il n’est pas moins fréquent qu’on attribue aux filles de