V. Mélusine, t. IL, p
6. Durhkeim. La Prohibition de l’Inceste (Année Sociol., t. I, p. 3 et suiv.).
joie des pouvoirs magiques, avant tout maléfiques, bien entendu : dans les inscriptions assyriennes, prostituée et sorcière sont souvent synonymes’, Les mauvais prêtres dont l’opinion populaire, au Moyen Age, faisait volontiers des sorciers, étaient surtout ceux qui avaient violé leurs vœux de chasteté, et ils procédaient aux rites de la messe noire en compagnie de leur maîtresse. — Pareillement on voit fréquemment attribuer la qualité de sorcier aux bandits, aux bourreaux, aux fossoyeurs ”, et même aux acteurs, qui ressuscitent sur la scène, en les portant à une grande puissance, les émotions terrifiantes, enfin à tous les individus étranges : hérétiques, étrangers, nomades, infirmes.
La crainte, la crainte inquiète, indéterminée, multiforme, est donc bien le berceau de la magie. Mais il ne s’agit pas ici d’une crainte individuelle, C’est l’inquiétude collective qui élève le magicien sur le pavois. « C’est l’opinion qui crée le magicien et les influences qu’il dégage*. » Son image « se constitue par une infinité de on dit et le magicien n’a plus qu'à ressembler à son portrait * », Or, ces on dit émanent de cette mquiétude qui est le fond permanent de la nature humaine et ils ont pour fonction de la réduire. Le magicien représente l’un des moyens que l’humanité a inventés pour se protéger contre ses propres terreurs, soit qu’elle lui ait confié le soin de prévenir et de combattre la malveillance des invisibles, soit qu’elle ait incarné en lui le maléfice toujours redouté, On restituera au sorcier sa