‹ Les Formes Inférieures de L'ExplicationChapitre 85 sur 194 · Hubert et Mauss. Esquisse..., p · texte numérisé non relu

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Mais, dans la magie disciplinée, le rêve du magicien compose avec la réalité. Non qu’il abdique devant elle. Réprimée, concentrée, sa passion du merveilleux n’en est que plus forte. Mais elle crée une technique. Elle forge une méthode et des règles. Si l’on peut parler d’un commencement de science, de légalité, c’est ici et ici seulement qu’elle a des chances de nous apparaître.

On l’a remarqué : « En raison des facilités offertes au vagabondage de l'imagination, le nombre [des symbolismes possibles] paraît, au contraire, singulièrement restreint. L’imagination magique à été si à court d’inventions que le petit nombre de symboles qu’elle a conçus ont été mis à des usages fort divers : la magie des nœuds sert pour l'amour, la pluie, le vent, le maléfice, la guerre, le langage et mille autres choses... ! » La force de la tradition expliquerait, nous dit-on, ce surprenant phénomène : le rêve de l’individu est contenu par des pratiques et des idées collectives, « qu’il n’est pas tenté de renouveler, parce qu’il ne croit qu’à la tradition et parce que, en dehors de la tradition, il n'ya ni croyance, ni rite». De là vient que « l'invention du magicien n’est pas libre » et que « ses moyens d'action sont essentiellement limités? ». — Cette interprétation est vraie en partie : la tradition n’est autre chose que cette habitude collective qui, nous venons de le voir, donne un caractère de nécessité aux connexions causales les plus absurdes, et il est bien certain qu’elle contribue à stéréotyper et à réduire les symbolismes magiques : le magicien n’invente plus de nouveaux symboles, les anciens seuls sont efficaces. Toutefois, ces derniers ont

1. Hubert et Mauss. Op. cit., p. 68. — Cf. p. 48. 2. Id. Jbid., p. 72.

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