Fossey. Op. cit., p
l’envoûtement, comporte trente-deux types de rites, dont certains ont trois formes : l’un des plus simples ne dure pas moins de douze jours. Toutes les données s’enchevêtrent tellement qu’elles déterminent « des con- ‘ditions très rarement réalisables ; si l’on en croyait les magiciens hindous, certains rites ne pourraient se pratiquer avec fruit que tous les quarante-cinq ans'». Sans doute espèrent-ils ainsi s'assurer, sans conteste possible, ce qu’on pourrait appeler le monopole du merveilleux. Mais il semble aussi que, plus réfléchis que la foule, ils se rendent mieux compte de la difficulté de l’entreprise et, leur imagination métaphysique aidant, ils adossent leurs conduites magiques à toute une conception de l'Univers. Leur propre subtilité les grise, ils tissent un réseau aux mailles extrêmement ténues : ils négligent seulement de rechercher les conditions qui leur permettront de le jeter à coup sûr sur les choses. L'étude des diverses formes de l’évolution de la magie achèverait de montrer son incompatibilité foncière avec la science. Elle dégénère et se corrompt avec une facilité extrême : l'élément intellectuel, qui pourrait la préserver, est trop faible. Après un effort de coordination logique, elle retourne à ses origines, elle retombe sous la domination exclusive de l’affectivité. Sous sa forme puérile, elle est la magie des contes de fées et des légendes dont les enchanteurs ne connaissent aucun empêchement à leur puissance. Tel est le Merlin de notre Moyen Age ou le poète-magicien Milarépa, si populaire dans le Tibet?. — Là où les croyances magiques sont moins fortes ou n’ont plus leur importance