LA MAGIA NATURALIS
nie pas, Car on nierait du même coup l'existence des démons et c’est de quoi saint Thomas accuse les esprits forts de son temps qui ne voyaient dans la sorcellerie que l'effet des imaginations et des craintes de l’homme". Il n’est pas question de condamner tous ses procédés sans exception. [l en est de bons ; ainsi, la suspension au cou de mots sacrés protège efficacement contre le « mauvais », selon saint Thomas, mais ces mots doivent être en latin connu et en lettres apparentes, offrir un sens intelligible, ne porter d'autre caractère que le signe de croix. En outre, il ne faut pas qu'ils soient adressés aux démons. Mieux vaut cependant s'abstenir de telles pratiques?.
Ainsi débarrassée de l’extravagance puérile et des intentions diaboliques, la « magie naturelle » n’en est que mieux en mesure d'atteindre son but, Elle raisonne, réfléchit, s'impose des règles. Roger Bacon, l’auteur de l’Opus majus, est un fervent adepte des scientiae magicae, qu’il appelle les sciences magnifiques. Personne ne met en doute qu’il n’y ait, dans la nature, du merveilleux; il suffit de l’y chercher. Mais cette recherche exige un profond sérieux, une grande application, une science étendue. Ge mot de Science, à cette époque, est comme illuminé : c’est le chemin qui mène à la possession des prodiges. La nature, passionnément interrogée, révèle une foule de « secrets » propres à entretenir les plus belles espérances : les poisons qui tuent, les plantes qui soulagent, réconfortent, guérissent; les métaux qui se liquéfient sous l’action du feu, se colorent, se transforment, $’amalgament; les pierres broyées qui donnent des teintures ‘éclatantes. La magia naturalis revient à