‹ Les Formes Inférieures de L'ExplicationChapitre 94 sur 194 · Id. Summa, I, IT · texte numérisé non relu

Id. Summa, I, IT

la magie primitive, qui élait à la fois médecine, métallurgie, art des poisons. Les plantes, les pierres, les animaux ont des vertus merveilleuses. N'est-ce pas merveille en effet quela génération soudaine des grenouilles, des vers”, que les exploits du basilic, de l’echinus, ÉICee Car ce qui est sujet d'observation, sinon d'interprétation correcte, est confondu avec des légendes acceptées sans critique. N'est-ce pas merveille aussi que ce sens de la nalure — sensus nalurae — « sens plus sublime qu’aucune perception humaine, plus noble et plus propre à la prophétie? » dont sont doués certains animaux et certains hommes? Ce sensus naturae comprend sous un concept unique des phénomènes très divers, mais tous surprenants ou mystérieux, qui n'avaient pas échappé aux philosophes de l’antiquité et du Moyen Age : l’instinct des animaux — les vautours sentent la bataille qui va avoir lieu, la brebis l'approche du loup, l’araignée celle de la mouche, des chiens découvrent un voleur perdu dans une foule — ou ce que nous appellerions aujourd’hui les faits de télépathie — une femme pouvait deviner à deux mille de distance la présence de l’homme qu'elle aimait, une autre, qui abhorrait son mari, prenait une crise d’épilepsie dès qu'il entrait dans la maison*. Saint Thomas ne mettait pas en doute les apparitions, garanties par des témoignages : il est probable qu'il s’agit soit d’hallucinations collectives, soit peutêtre même de phénomènes médianimiques*. Bacon avait noté les effets d’une imagination puissante et ceux de la contagion mentale: il voyait dans La découverte

1. Guillaume d'Auvergne. De Legibus, cap. 24. 2. Id. Jbid., cap. 27.

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