L. Thorndike. Op. cit, II, p
des sources par la baguette de coudrier un phénomène naturel*.
Telle est la magia naturalis. Nous devions nous y attarder quelque peu, puisqu'elle représente une réaction contre les formes dégénérées de la magie. Nous avions en effet des chances d’y découvrir quelques pressentiments ou quelques rudiments de science, Or, qu’en est-il au juste? Le moment n’est pas encore venu de répondre à cette question. La magia naturalis repose sur une physique. D'autre part, elle fait grand usage d’une notion qui, pour nous modernes, peut prêter à équivoque, la notion d’experimentum. Il nous faut examiner ces deux points.
La découverte de la physique d’Aristote avait mis « pour la première fois et d’un seul coup les hommes du Moyen Age » en présence d’une « explication intégrale des phénomènes de la nature »°. Les réformateurs de la magie y virent le moyen de concilier leur soif de merveilleux et les exigences du bon sens et de l’expérience. Les qualités d'Aristote vinrent à point nommé pour permettre de conserver des croyances que commençaient à rendre suspectes des excès de tout ordre. Il était possible de croire aux prodiges des grands magiciens (magna agentes) puisque « les choses naturelles ont certaines vertus occultes dont l’homme ne peut connaître la raison »°.
La virus occulta est peut-être la plus belle trouvaille