‹ Les Formes Inférieures de L'ExplicationChapitre 96 sur 194 · L. Thorndike. Op. cit, I, p · texte numérisé non relu

L. Thorndike. Op. cit, I, p

9. E. Gilson. Philosophie du Moyen Age, t. I, p. 122. 3. S. Thomas. Summa, A, Il, 96, $ 2.

de la conscience primitive. Elle donne lillusion du savoir sans rien sacrifier des intérêts d'ordre affectif. Elle imprime une impulsion nouvelle à cette curiosité des choses de la nature qui s’est emparée à un moment donné de tous les hommes savants du Moyen Age. Mais elle n’en change pas le caractère. Cette curiosité n’est pas encore celle du savant; elle se rapprocherait davantage de celle de l’enfant‘, elle est faite d'attente, de désir, d'espoir. C’est l’époque où Honorius d’Autun écrit son Besfaire et Vincent de Beauvais son Speculum Majus”. Tout ce quitouche aux bêtes, aux plantes, aux minéraux excite un intérêt passionné. On commente à l'infini les livres des anciens, Aristote et Pline entre autres, et les récits des voyageurs qui viennent des pays lointains, avec une préférence évidente pour les histoires les plus fantastiques. L’homme s’en va à travers le monde comme l’enfant dans son grenier ou dans son jardin, lecœur battant, s’attendant à chaque pas à quelque surprenante découverte, L’inconnu signifie pour lui trésors secrets, merveilles en puissance. Comment dès lors n’accepterait-il pas d'emblée les récits relatifs aux propriétés d'animaux, de plantes, de pierres qu'il n’a jamais vus, et quise trouvent dans ces contrées éloignées que l'imagination a beau jeu de remplir de prodiges?

La vértus occulba, où la proprietas”*, est l'image même de l'attente et du désir : elle est élastique, indéterminée ; elle se plie docilement à tous les cas, Lorsque le fait semble par trop difficile à croire, comme on ne veut pas y renoncer, on modifie la nature de la propriété. Par

Page 1