Arnauld de Villeneuve. Medicinalium In
troductionum speculum.
(Thorndike, op. cit., t. IL, p. 854.) \
exemple, on refusera d'attribuer au corps même de l’echinus une force telle qu’il puisse immobiliser des navires, mais on imaginera une vertu spirituelle ® qui aura ce pouvoir et on la rapprochera, à titre de confirmation, de la force de l'imagination. La croyance à l'efficacité du désir et de l'imagination forte est un legs de la mentalité magique : le mauvais œil, explique saint Thomas, corrompt et empoisonne l'atmosphère de telle sorte que les corps tendres en sont afteints, d'où l’action néfaste des vieilles et méchantes sorcières sur les enfants’. La « nature obéit », déclare Roger Bacon, lorsqu'on se représente avec force le résultat désiré, et les mots prononcés avec « une pensée profonde, un grand désir, une bonne intention et une ferme confiance » ont un grand pouvoir : ce qui est dû à ce que la substance de l’être rationnel est alors fortement poussée à diffuser ses pouvoirs dans le corps et les substances étrangères *. Un homme n’a-t-il pas réussi à jeter bas un chameau simplement en imaginant avec force sa chute ? Il semble que les exploits des fakirs hindous n’aient pas été entièrement inconnus à cette époque, puisque Guillaume d'Auvergne rapporte que la grande magie, très rare en Europe, est fréquente dans l’Inde. Au xvn° siècle encore, l’auteur même du Novum Organum pensait que, par la force de Pimagination, on pouvait empêcher la bière de fermenter, la crème de devenir du beurre, le lait de se cailler *.
La vertu occulte prend parfois un aspect plus positif.