HISTORIQUE
Trousseau, dès 1855, avait constaté dans de nombreuses épidémies, avant l'invasion des angines pseudo-membraneuses «une prédisposition marquée aux angines bénignes, et ces angines bénignes, quoique réduites aux proportions du simple herpès du pharynx, n’avaient pas toujours les allures régulières qu’elles affectent habituellement. Sans aucun doute, cette constitution médicale préparait la venue des angines graves qui succédaient à ces angines bénignes ».
Rilliet et Barthez décrivent « sur les parties qui vont devenir le siège de l’exsudation pseudo-membra-
neuse, une nouvelle coloration transparente, comme
œdémateuse et comparable à la teinte d’un morceau de chair blanchi par le contact de l’eau bouillante ».
Lasègue remarque à l'inspection du pharynx, au début de l’angine diphtérique « des rougeurs par plaques, une turgescence de la membrane muqueuse aux points où s’est fixée la congestion la plus vive. L'ensemble de l’arrière-gorge est à peine d’une coloration plus ardente ; la paroi postérieure du pharynx n'offre rien de particulier, et les plaques rouges
#tomenteuses, de dimension variable, qui occupent exclusivement l’isthme du gosier, sont d’autant plus évidentes que les parties environnantes sont moins affectées ». Ÿ +
Sanné parle «de ces angines sans fausses membranes qu’on observe en temps d’épidémie dans les milieux'où se rencontrent de nombreuses manifesta-
tions de la diphtérie ». |
Feer, en 1893 à Bâle, observe trois angines érythémateuses à bacilles diphtériques virulents. L'une de ces angines était assez grave avec atteinte de l’état général. d
Lôffler, en 1894 à Greifswald, sur 160 enfants, trouve 4 porteurs ; 2 prirent une diphtérie typique, le troisième ne présenta qu’une angine rouge.
Hellstrôm (1894-95), lors d’une épidémie qui sévit sur les gardes de Stockolm, ensemence 15 d’entre eux . qui avaient la gorge rouge et eut trois fois des bacilles virulents.
Méry, chez 9 sujets contacts porteurs de germes, trouve quatre fois une angine pseudo-membraneuse, cinq fois une angine cryptique.
Müller, en 1896 dans le service d'Heubner, Neisser (1903) signalent la fréquence de la diphtérie larvée chez l'enfant.
Simonin et Benoit (1898), consacrent à l’étude clinique de l’angine diphtérique larvée, une partie importante de leur travail. Pour eux, cette angine est essentiellement polymorphe ; elle évolue en deux stades : un stade exsudatif protéiforme durant quatre
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à cinq jours, un stade érythémateux se prolongeant pendant onze à quarante jours.
Berry (1900), Bessel (1902), Newshome (1904), observèrent cinq malades atteints d’angine diphtérique sans fausses membranes ; ces sujets propagèrent la maladie autour d’eux.
Job et Roussel (1905) purent réunir les observations de cent angines érythémateuses à bacille de Lôffler.
Hutinel et Martin (1909) décrivent deux sortes d’angines diphtériques sans fausses membranes : des angines rouges qu'ils rencontrèrent parfois dans les milieux contaminés ; des angines pultacées chez les enfants infectés, angines caractérisées «par un enduit grisâtre que la cuiller enlève ».
Roussel et Malard (rg10o) trouvent, chez cinq su-
jets contacts, une rhino-pharingite à bacille de Lôffler. re
Sacquépée (19:0) cite le cas de la garnison de Montélimar où l'apparition des angines pseudo-membraneuses fut précédée par une épidémie de 130 angines simples.
Depuisla guerre, les médecins militaires ont étudié avec soin les angines diphtériques surtout pour la prophylaxie.
MM. Nobécourt et Peyre (r917) ont page au cours d’épidémie chez les soldats du front, des angines à bacille de Lôffler, plus ou moins bien caractérisées cliniquement.