II. Le problème de la tuberculose légère
1) Chez les chlorotiques légères il n'existe aucun signe de tuberculose pulmonaire ou autre. Dans son service M. Paul Chevallier a recherché soigneusement la tuberculose chez tous les anémiques et les métanémiques ; chez les chlorotiques légères la clinique est aussi négative que la radiologie. Les clichés les mieux faits ne monttrent aucune trace de lésion. Il ÿy a quelques semaines M. Ameuille, le très distingué phtisiologue de l'hôpital Cochin, à qui notre maître fit soumettre un film radiographique. répondit qu'il était parfaitement normal « comme chez tous les chlorotiques ».
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Alors que les adénopathies tuberculeuses ne sont pas rares dans l’adolescence, les chlorotiques ne présentent — au moins en règle — aucun antécédent et aucune trace de tuberculo-scrofule.
Elles ne sont pas particulièrement sujettes aux engelures.
Cependant elles sont peut-être souvent entachées de tuberculose latente. La cutiréaction tuberculinique est généralement positive.
2) Le fer, même à très hautes doses n’a aucune influence facheuse chez ces malades. Non seulement il n’éveille pas la fièvre, mais la fait disparaître s’il en existait quelque peu.
3) En dehors d’un examen minutieux des poumons, existe-t-1l un moyen de distinguer la chlorose légère de l’anémie légère dite prétuberculeuse, c’est-à-dire de celle que l’on peut voir chez les adolescents au début d’une évolution tuberculeuse ?
M. Paul Chevallier a vu que l’anémie dite prétuberculeuse ne s'accompagne pas d'atrophie gastrique, même lorsque le suc gastrique est pauvre en acide chlorhydrique.
Les renseignements tirés de l'examen du sang ne lui paraissent pas définitivement établis. Les propositions suivantes ne sont données que sous réserve d'enquêtes plus prolongées.
Les globules blancs : La petite anémie dite prétuberculeuse s'accompagne volontiers de leucocylose avec polynucléose neutrophile ; tout au moins elle ne s'accompagne guère de leucopénie avec neutropénie, comme le fait presque constamment la chlorose. (Il est à remarquer que les polyadénopathies chroniques de volume modéré et non évolutives, qui siègent surtout aux aisselles et que
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l’on a tendance parfois à considérer comme dépendant d’une tuberculose larvée, s’accompagnent de leucopénie avec neutropénie, mais que les malades ne se présentent pas comme des anémiques). La Iymphocytose est habituelle à la fois à la chlorose et à la tuberculose larvée.
Les globules rouges : les auteurs classiques sont d’accord pour dire que le sang ressemble à celui de la chlorose. Le fait n’est pas absolument démontré, au moins dans les formes légères que nous considérons ici. En l’état actuel de nos connaissances, toute déglobulisation, même modérée, qui n’accompagne pas des stigmates, nettement ébauchés de la chlorose (hypochromie, microcytose, poïkilocytose) n’est pas une anémie chlorotiques. Dans les cas frustes et pour un dosage précis de l’hémoglobine, l’hypochromie a de la valeur à partir de 0.92. En revanche si le nombre des globules rouges est normal, peuvent encore être des chloroses des affections où les malformations globulaires s’estompent jusqu’à manquer presque de façon complète ; ces cas relient les chloroses légères aux métanémies chlorotiques.