ACTES
pondu qu’ils voyaient beaucoup moins de chlorose que jadis. Dans un livre sur le sang paru en 1912, les hématologistes anglais Gulland et Godall font la même constatation. La même année Pullitzer, assistant à la Clinique universitaire du Professeur Ortner, à Vienne, remarque que la chlorose est devenue une rareté dans les hôpitaux viennois. En 1911, au Xe Congrès scandinave de médecine interne, le Professeur Schaumann, d’'Helsingfors, a publié des statistiques provenant d’hôpitaux de Stockolm, de Gothenbourg et de Helsingfors et qui mettent toutes en évidence une chute brusque de la courbe de fréquence de la chlorose dans les premières années de notre siècle.
Le Professeur Naegeli de Zurich, s’est exprimé dans le même sens. Schaumann rapporte qu'il s’est adressé au Professeur Volhard, de Halle, et que celui-ci répondit, en automne 1920, que, depuis sa nomination de professeur de clinique, au début de 1919 « il n'avait pu trouver un seul cas de chlorose à présenter à ses étudiants ».
Chauffard, Achard, Halle confirment la disparition quasi complète de la chlorose vraie «alors qu’autrefois il y en avait toujours dans toute salle de femmes ».
Marcel Pinard, à propos d’un cas d’anémie qui n’a d’ailleurs pas les caractères d’une chlorose, écrit « Avant que les examens du sang aient été pratiqués, je n'avais pas caressé d’espoir d'observer mon premier cas de chlorose, mon maître Landouzy ayant par avance découragé ses élèves d’un pareil diagnostic, puisqu'il n’en avait pas trouvé un seul cas dans sa longue carrière » et Pinard ajoute qu’à son avis ce ne sont les maladies qui disparaissent mais les conceptions médicales qui se transforment, expliquant ainsi l’opinion a priori suprenante du Professeur Landouzy.