FORME LÉGÈRE
Ces formes, très fréquentes, n'ont pour ainsi dire pas de symptomatolgie propre. Rien dans l’histoire de la maladie qui puisse rappeler les cas impressionnants d'inondation péritonéale. Il s’agit de malades qui, soit au moment de leurs règles, soit quelques jours avant, présentent quelques très vagues signes : douleur épigas trique, nausées avec parfois vomissements, un peu de fièvre et surtout, signe caractérisque, écoulement noirâtre ou couleur chocolat.
Au point de vue anatomo-pahologique, ces formes se caractérisent par un petit suintement sanguin provenant d'un follicule de De Graaf déhiscent. Les ovaires et les trompes peuvent être recouverts de légères adhérences. On devrait d'ailleurs s'abstenir d’opérer dans ces cas-là et l'anatomie pathologique devrait en être inconnue si l'on ne commettait pas si souvent des erreurs de diagnostic.
Ces manifestations ne sont généralement pas mises
sur le compte d’une lésion ovarienne : on fait le dia-
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gnostic de dysménorrhée, de salpingite ou souvent d'appendicite comme dans les cas récents de Dreyfus Le Foyer et Lejeune et de Fruchaud et Garnier. Il n'y a, en effet, pas de signes physiques. Voici ce qu’en dit le Docteur R. Bonneau : « Au début, pas de signes locaux. Tout est souple, même si à l'opération on trouve déjà quelques altérations. Plus tard on note des auginentations de volumes intermiitenies, puis fixes des annexes de l’un ou des deux côtés, et l’en pourrait penser à la salpingite, à la tuberculose annexielle, au
début d une grossesse ovarienne. })
Mais les cas où l’on trouve ces signes physiques appartiennent déjà à la-forme moyenne qui, comme
nous le verrons, peut succéder à la forme légère.
Ce qu'il y a, en somme, c'est un «ictus péritonéal sans péritonite, sans fièvre, sans vraie défense muscu- . k Et us laire, sans arrêt de gaz » et si l'écoulement caractéristique ne se produit pas, on ne fera jamais le diagnostic. Il n’est pas étonnant, en effet, que ces cas soient
toujours des découvertes fortuites au cours d'interven-
ticns chirurgicales pour toute autre chose.
Voici des cas de cette catégorie :
Mme X..., âgée de 26 ans, présente des crises intermittentes d’entérite et d’appendicite subaiguë s'accompagnant de troubles génitaux : huit jours avant les règles commence la douleur, les règles surviennent tous les 30 à 40 jours et
sont peu abondantes. Dans les antécédents ni grossesse ni
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fausse couche. E ndehors des règles aucune manifestation anormale.
L'examen physique montre un utérus et des annexes gauches normales, les annexes droites sont douloureuses au toucher.
À l'intervention chirurgicale, on trouve un appendice long, un peu rouge à la pointe, mais surtout on constate que les ovaires sont noyés dans des adhérences molles, rosées, gluantes, se décollant facilement. Ils sont, en outre, remplis de petits kystes hématiques dont quelques-uns sont sur le point de se rompre et dont d’autres sont en voie de
résorption. Les ovaires sont couverts de cicatrices.
Mile M.., 3l ans, a été envoyée à l'hôpital pour des troubles de la menstruation coexistant avec une appendicite chronique et un état général atteint. Les règles, survenant tous les trente jours, sont douloureuses et sont suivies de pertes noirâtres, « jus de réglisse », abondantes. Après une durée de 5 à 6 jours, ces pertes sont remplacées par un écoulement laiteux. Le toucher vaginal est impossible, le
toucher rectal montre un utérus en rétroflexion.
À l'intervention on trouve un petit appendice scléreux et deux ovaires blancs, cicatriciels, crevassés, avec quelques rares kystiques hématiques. Il y a un peu de sérosité dans le péritoine pelvien. Les trompes sont normales.
L'utérus en rétroflexion est fixé par ses ligaments ronds. On détruit des petits kystes ovariques par des pointes de feu.
Les résultats sont les suivants : Les règles viennent tous les trente jours, sans douleur. Elles sont suivies de quelques pertes blanches dans lesquelles on distingue parfois des
filets noirs. L'état général a été considérablement amélioré.
Une jeune femme de 26 ans est prise au milieu d'une période intermenstruelle, d’une crise douloureuse abdominale généralisée, surtout marquée du côté droit. Elle a eu son premier enfant il y a six mois et n'a présenté aucun trouble génital ni avant ni depuis.
Son médecin fait le diagnostic d’appendicite subaiguë d'autant plus facilement que la malade était suspecte d’appendicite chronique.
Quatre jours après le début de la crise, pas de fièvre, pas de signes de péritonite, pas de vomissements, seulement quelques nausées. La malade boit et ne présente pas de ballonnement ni de dysurie. Mais le faciès est mauvais traits tirés, yeux cernés et en outre la douleur est per-
manente.
La palpation ne montre pas de défense musculaire, encore moins de contracture. L'’abdomen est douloureux dans son ensemble aussi bien spontanément qu'à la palpation. Aucun signe de localisation intestinale : pas de submatité des fosses iliaques, pas de corde colique, pas d'empâtement.
L'exploration de l'appareil génital ne montre rien d'ancrmal.
On ne peut faire un diagnostic, mais, étant donné l'accélération progressive du pouls à [10 puis à 120, on se décide à l'opération.
Après la laparotomie médiane, on enlève un appendice scléreux. L'utérus et l'annexe gauches sont sains ; à droite, l'ovaire un peu augmenté de volume semble être creusé d'une cavité des dimensions d’un dé à coudre. La paroi de cette cavité est recouverte de sang. Le sang frais sourd encore actuellement de cette cavité et s'étale sur les anses intestinales. On pratique une suture de cette perte de
substance.
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Immédiatement après l'opération, les douleurs ont
disparu.
Ces trois observations nous renseignent un peu sur l'allure clinique des formes légères. En réalité, le diagnostic de ces cas ne sera jamais fait qu'au bout de plusieurs crises répétées. À ce moment-là il y aura à craindre que les constatations opératoires ne révèlent
des lésions plus graves.
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