DIAGNOSTIC
Il est inutile d’insister sur le fait que le diagnostic de la ponte ovulaire hémorragique est fait rarement avant l'ouverture du ventre. Ceci pour la simple raison qu'on n'y pense pas assez. Même lorsque l'aspect clinique du syndrome oriente bien vers une hémorragie péritonéale du petit bassin, la première idée qui vient est celle d’une grossesse ectopique. La distinction des hémorragies tubaires et ovariennes ne peut se faire que par des nuances extrêmement délicates à saisir : absence de signes de grossesse, parfois même impossibilité d’une grossesse (ponte ovulaire hémorragique chez les vierges). Ajoutons que l'hémorragie ovarienne survient souvent au moment des règles, ce qui exclut immédiatement la grossesse ectopique.
Malgré ces signes distinctifs, le diagnostic est extrêmement difficile, ce qui n'a pas beaucoup d'importance pratique; l'intervention chirurgicale étant indiquée dans les deux cas. Une fois l'ovaire et la trompe scus la main on saura faire la part de chacun des organes
dans le déterminisme de la maladie.
GOEPAU E
Nous ninsistons pas sur les autres causes possibles d'hémorragies péritonéales qui sont rarissimes. Le Docteur R. Bonneau a insisté sur les erdométriomes à propos d’une observation de Lanos et Busser.
Nous avons déjà vu plus haut que l'erreur très fréquemment commise était la confusion avec l’appendicite. La recherche de symptômes proprement génitaux pourra facilement dissiper cette erreur.
Il en est de même des salpingites. On n’observe pas dans l’évolution de ces dernières la périodicité, en rapport avec les règles ; on ne trouve pas de petits signes d'hémorragie : syncope, ictus péritonéal et l’on trouve bar contre de la fièvre, habituellement absente dans
l'hémorragie de l'ovulation.
Dans des formes particulièrement légères, 1l faut éviter de faire simplement le diagnostic de dysménorrhée. :
Du reste, dans la ponte ovulaire il n’y a pas l'expulsion des pseudo-membranes caractéristiques de la dysménorrhée pseudo-membraneuse.
Dans les formes graves avec grosses adhérences, on pourra penser à une pelvi-péritonite et surtout à une tuberculose annexielle. Un examen général de toute malade douteuse est indispensable.
Nous ne possédons guère de signes certains de la ponte ovulaire hémorragique. Il en est cependant un certain nombre qui peuvent donner une présomption sérieuse.
C'est tout d’abord, la date d'apparition par rapport
aux règles. Un ictus péritonéal survenant dans les dix
Don
jours qui précèdent les règles a de fortes chances de provenir d'une hémorragie ovarienne.
C'est, en deuxième lieu, l'écoulement noirâtre ou chocolat qui tranche avec le sang menstruel par son aspect fluide, visqueux, ne se coagulant pas.
C'est, enfin, la localisation de la collection sanguine qui ne se dépose pas dans le Douglas. Presque toujours le cul-de-sac de Douglas est libre. (Bonneau, Guyot et Villar, Marty, etc...). Comme les constatations cpératoires le montrent, le sang s'étale en quelque sorte sur le péritoine au lieu d'obéir à la pésanteur et de se collecter dans le point le plus déclive du péritoine.
Voilà les trois signes que nous pensons être les plus
caractéristiques de la ponte ovulaire hémorragique.