‹ Les formes récidivantes du pneumothorax spontanéChapitre 15 sur 36 · PAT UE · texte numérisé non relu

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Quatre semaines avant son entrée à l’hôpital, le pneumothorax s’installe brusquement. Le malade est pris, dans la rue, comme il se hâtait vers la gare, de violentes douleurs à droite qui le forcent à s’arrêter net : il fut sur le point de défaillir. Il respirait deux fois plus vite que d'habitude. Mais il ne renonça pas à prendre le train, et ne revint que le lendemain matin. Il ne toussait pas, il n’a pas eu de fièvre.

Le 11 avril, il se décida à consulter et on lui conseille de garder le lit. Pendant trois semaines, il reste couché, se plaignant de gêne de la respiration et de la parole, parfois de sensations d’oppression thoracique droite.

A l'admission, bon aspect général. Température 380.

À l’examen clinique, le côté droit est distendu et immobile. On trouve du tympanisme en avant, depuis le deuxième espace intercostal jusqu’à trois doigts au-dessous du manubrium, et perceptible jusqu’à un travers de doigt à gauche du bord gauche du sternum. Le murmure vésiculaire est très affaibli. En arrière : on trouve du tympanisme jusqu’au neuvième espace intercostal. Affaiblissement marqué du murmure vésiculaire jusqu’à la base où on perçoit un souffle. Pas de zones de matité. Côté gauche normal. Pas de déplacement du foie.

Aux rayons X, pneumothorax droit collabant complètement le poumon, sans adhérences apparentes, sans liquide. Pas de déplacement du cœur, ni de la trachée.

À part le jour de l'entrée du malade à l'hôpital, la température est restée normale pendant toute la durée de la maladie.

Le 15 mai, le malade quitte l'hôpital guéri.

Examen de contrôle, le 16 mars 1929 :

Pas d'incidents depuis un an et neuf mois. Le malade a été revu par le Docteur Worning, un mois après sa guérison, il n’a rien trouvé d’anormal cliniquement.

Aux rayons X, côtes horizontales, grand axe du cœur plus vertical que normalement, aspect qui fait songer à la possibilité d’emphysème. Pas d'infiltration.

Récidive, le 26 mai 1929 :

Le matin, en s’habillant, le malade ressentit une légère douleur à droite, « quelque chose qui n’allait pas ». Au bout d’une heure, il se recouche, en pensant qu’il fait de nouveau un pneumothorax. Pas de dyspnée mais le point de côté s’accentue. Le Docteur Swend Brener (Ulhrslew), appelé, fait le diagnostic de pneumothorax sans épanchement et sans déplacement du cœur. La température est normale.

Au bout d’un mois, la température étant restée constamment normale, le malade se lève, le 1er juillet.

Depuis lors, il se plaint toujours d’une petite sensation de gêne dans l’hypocondre droit lors de certains mouvements. Il ne tousse pas. Il ne se plaint pas de dyspnée.

Lors d’un nouvel examen, le 16 juillet 1929, on trouve, à l’auscultation, un certain affaiblissement du murmure vésiculaire dans tout le champ pulmonaire droit. A l’examen radiologique, on trouve le pneumothorax localisé au sommet droit et limité juste au-dessous de la clavicule par une ombre à convexité supéro-externe. Sinus droit comblé. Emphysème modéré, pas d'infiltration parenchymateuse.

Rien à signaler aux examens du 31 juillet et du 6 septembre 1929.

Deuxième récidive, 29 octobre 1930 :

En bonne santé jusqu’à ce jour, le malade, en prenant chez lui son déjeuner du matin, a ressenti soudainement des douleurs diffuses dans toute la moitié droite du thorax, irradiant vers l'épaule. I fait lui-même le diagnostic et se couche. Pas de dyspnée.

Examen clinique : le malade est couché sur le côté gauche, son aspect général est peu alarmant. Température : 3702, pouls à 80, fréquence des mouvements respiratoires 17.

Le côté droitapparaît distendu. On trouve du tympanisme jusqu’à la huitième et même neuvième côte. Respiration abolie. Pas de râles, ni de frottements. Le cœur n’est pas

déplacé. La pointe bat dans le cinquième espace intercostal, juste en dedans du mamelon.

Le 30 octobre, température oscillant entre 3704 et 3608, Pouls 68. Le point de côté a disparu. On trouve une résonnance très nettement métallique de la voix.

Le malade garda le lit deux semaines encore.

Le 13 novembre, la température était restée constamment tout à fait normale. A l’examen clinique, pas de signes d’épanchement. La résonnance métallique de la voix s’entend encore. Le murmure vésiculaire très est faible, mais cependant très nettement perceptible.

Le 25 novembre, la respiration est très nettement distincte sur la plus grande partie du champ pulmonaire antérieur et en arrière, jusqu’à la ligne médiane. A l'examen radiologique, pneumothorax droit. Moignon pulmonaire réduit à moins de la moitié du volume normal du poumon. Pas d’adhérences, pas de modifications de la trame parenchymateuse en dehors d’une légère densification dela région hilaire. Pas de déplacement important de la trachée. Le poumon gauche montre une légère augmentation de densité des ombres hilaires, avec traînées fibreuses, irradiant vers le haut (Docteur Jens Mellsen).

Examen de contrôle, le 19 septembre 1931 :

Pas d'incidents à signaler depuis la dernière récidive. A l'examen clinique et radiologique, rien d’anormal.

En résumé : premier pneumothorax sans déplacement à droite. Deux ans après, récidive, à droite, sans

déplacement d’organes. Un an et cinq mois plus tard,

deuxième récidive identique aux deux accidents.

précédents. En dehors de ces deux récidives, le malade

a joui d’une santé parfaite, depuis son premier pneu-

mothorax qui date de quatre ans et demi. Pas de signes de tuberculose.

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